PIERRE DEVOLUY
M. Pierre Dévoluy (pseudonyme de Paul Gros-Long, capitaine du génie) est né le 27 juin 1862, à Chàtillon-i^n-Diois (Drôme). Il appartient à une vieille famille dauphinoise, et c'est, dit-on, par amour pour son pays uatal qu'il a choisi le nom sous lequel il s'est fait connaître comme poète français et provençal. Le « Dévoluy » serait une petite terre du Dauphinc, aux confins de Châtillon-en-Diois. Toute son enfance s'écoula dans ce pays, où se parle encore un vieux provençal, analogue au langage limousin. M. Pierre Dévoluy vint à Paris en 1882 et publia successivement deux recueils de poèmes français, Flumen (Melle, Goussard, 1890, in-12) et Bois ton ^aw^- (Paris, Librairie de l'Art Indépendant, 1892, iu-I6). De retour dans le Midi, après une lecture de Mireille, il s'éprit soudain de son parler local et se jeta tout entier dans le Félibrige. Il n'écrivit plus alors qu'en provençal. Elu félibre majorai en 1900, il devint capoulié en 1901, et fut réélu aux mêmes fonctions, pour sept années, en 1905.
M. Dévoluy a fait paraître, en 1903, Les Noms de lieux ducomt de Nice (Avignon, Koumauille, in-18). Il a collaboré en français à l'Echo des liosati, à La Plume, à la Revue Indépendante, aux Ecrits pour l'Art, à VActioji rcgionaliste, à la Revue du Sud-Est, de Lyon, etc.; et en provençal à tous les journaux et péri<jjdiques du Félibrige, entre autres : La Cigalo d'or, La Campana de Magalonna (Montpellier), Videio prouvençale, Lou Félibrige, hi Revue de Provence (Marseille), Lou Gau (Avignon), les Reclams de Biarn e Gasconne (Pau), Le Pays cévenol. Il a donné en outre à VAioli, journal de Mistral, une série d'études formant un corps de doctrine : Le Mistralisme. Il dirige depuis janvier 1905 le journal Prouvcnço ! (Avignon).
M. Dévoluy a obtenu en 1899 le prix d'Arles pour une Histoire de la Provence et du Midi encore inédite. Comme capoulié, il a fait aboutir, en 1905, la réforme du statut félibréen de; 1876, ce qui lui a valu, après d'ardentes polémiques, l'approbation de la grande majorité des félibres. Orateur éloquent et convaincu, il a présidé les fêtes de Sainte-Estelle et prononcé de nombreux discours à Avignon, à Apt, à Béziers, à Pau, à Font-
Ségugne, à Arles, à Cette, à Périgueux, etc. Quelques-unes de ses poésies provençales lui ont valu une place dans le mouvement littéraire du Midi.
Bibliographie. — Fréd. Charpin, Biographie littér., L'Union républic. d'Aix, 28 avril 1901. — Elzéar Rougier, Biographie, Revue de Provence, juin 1901. — Edmond Lefèvre, Catalogue fêlibréen, Marseille, Ruât, 1901, in-8». — J. Véran, Le Capoulié Dévoluy, Libre Parole, 24 mai 1904. — Eugène Joubert, Pierre Dévoluy, L'Eclaireur de Nice, 15 déc. 1902; etc.
LE DEUIL D'AMOURi
— 0 mère, coupez-moi Les rubans de mes culottes.
Ma mie est morte A la pointe du jour, Je veux porter le deuil d'amour.
— Mon fils, console-toi, Nous en trouverons une autre
A Barcelonnette Et même à Draguignan; Il n'en manque pas chez les marchands.
— Les filles des marchands Sont bien trop orgueilleuses,
Pour leur parure Et leur parler pointu, Il leur faudrait cent mille écus.