BERTHOD
(xvii« siècle)
Quel est en réalité l'auteur de ce poème singulier, La Vil de Paris en vers burlesques, qui fut publié pour la preraièi fois en 1652, sous le nom du sieur Berthod, et par la suite soi celui de Berthaud? Longtemps on put croire, après VioUet-h Duc, que ce fut le neveu du célèbre évoque de Séez (Jean Bei tant), frère puîné de M-° de Motteville), écrivain médiocre i plein de vanité, que l'on distinguait à la cour, par le nom c Bertaud Yincommode, d'un musicien que M™« de Longuevil! avait surnommé Berthaud l'incommodé. Fort heureusement Bibliophile Jacob, au début de son plaisant recue'û Paris ridicii et burlesque (Paris, Ad. Delahays, 1859, in-12), a pris soin d't claircir cette énigme littéraire.
« II est assez singulier, écrit-il, que l'auteur d'un poème qui été réimprimé plus de dix fois soit absolument inconnu ; les bii graphes l'ont passé sous silence; labbé Goujet lui-même, toi. jours si bien informé, ne l'a pas même cité dans la Bibliothcqi française. Nous avions cru devoir conclure de cette absenc complète de renseignements sur ce poète, que son nom, écr de différentes manières, n'était qu'un pseudonyme. Nous étiot même disposé à reconnaître sous ce pseudonyme François Co letet, qui n'a voulu faire que la Seconde partie de la Ville t Paris, en composant son Tracas de Paris dans le même sty' et le même goût que le poème burlesque de Berthod... Mais, r dépit des analogies de naïveté ou même de platitude qui exif teut dans la poésie triviale et prosaïque de Berthod et de Col letet, nous avons fini par nous persuader que ces deux uomsreprésentaient bien deux poètes différents et qu'il fallait laiss. à Berthod ce que nous voulions donner à Collelet, car Bcrlho a fait acte d'individualité poétique, en faisant paraître un auti poème que celui de la Ville de Paris ; ce poème, moins bitrleF que sans doute que le premier, porte pour titre : Histoire de i Passion de Jésus-Christ, Paris (J.-B. Loyson, 1655, in-12).
« L'autour de la Passion de Jésus-Christ en vers français ù'. indul)ital)lement l'auteur de la Ville de Paris en vers burlesques. On peut donc établir avec certitude que le dernier poèmo a cl rimé, comme le précédent, par le père Berthod, cordolicr. »
ILE-DK-FKAKCE 443
Ceci établi, donnons ici, en l'empruntant à P.uii i..u iwi\, une ourto bibliographie do ce livre rarissime. « La première cdiion de la Ville de Paris, dont le privilèj;e est délivré au sieur îerthod, à la date du 5 aoîkt 1650, avait vu le jour chez J.-H. Loyonetsa mère, veuve do Guillaume Loyson, en 1052 (l vol.in-io). Ule fut réimprimée l'année suivante. Ce poème burlesque, out mal écrit qu'il soit, eut un si grand succès, que la veuve t le fils aîné de Guillaume Loyson le réimprimèrent idonliquelent encore en 1G55, et que les El/.eviers no dédaignèrent pas e le contrefaire en mettant le nom de l'auti'ur sur le titre ainsi onçu : Description de la Ville de Paris en vers burlesques (jouxte 1 copie à Paris, 1654, petit in-12). Cet ouvrage, dont il y eut es éditions in-12, pul)liées par Jean-Baptiste Loyson, on 658, en 1660, et par Antoine Raflé, en 1665, trouva plus de leceurset d'acheteurs que V Histoire de la Passion de Jésus-Christ, [ue les Loyson avaient pourtant réimprimée en 1600. » Par la uite, la Bibliothèque Bleue de Troyes s'empara de ce poème, [ue nous trouvons dans un catalogue sous la marque de la veuve )udot (Paris [sic], 1699, iu-12), et en donna un grand nombre d'é- , litions populaires.
j On a tout lieu de croire que Berthod mourut avant l'année ! 665. Son ouvrage lui a survécu comme un amusant témoignage I les mœurs et des usages d'un temps oii l'esprit parisien ne s'éj ait point corrompu.
! Le Bibliophile Jacob a réimprimé La Ville de Paris dans son j ecueil Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle.
BlBLiOGRAPiiiiî. — P.-L. Jacob, Avertissement h l'éd. de Paris idicule et burlesque, Paris, Delahays, 1859, in-12.