‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 23 sur 284 · On bisse les deux premiers vers de chaque couplet · texte numérisé non relu

On bisse les deux premiers vers de chaque couplet

DAUPHINS

— Mon fils, en Avignon, On dit qu'elles sont coquettes,

Et dansent le branle Tous les jours de l'année Avec leurs frères et leurs galants.

— Les filles d'Avignon Sont bien trop délurées :

Elles vous enjôlent Avec leurs paroles mielleuses Et en ont vite assez d'un amoureux.

— Mon fils, pour la beauté, Cours vite en terre d'Arles.

Il y a des princesses Plus belles que le jour Qui te feront pûmer d'amour.

— Qu'importe la beauté?...

J'ai le cœur malade, mère.

Les filles d'Arles Ne savent que s'attifer Et par les rues se pavaner.

— Mon fils, passe la mer, Va chercher en Amérique :

A ce que l'on m'a dit, Les filles, là-bas, Portent l'argent à pleins cabas.

— Moun fiéu, en Avignoiiu, Plus belle que lou jour Dison que soun cafignoto, Que te faran fringa d'amour.

E fan lou brande Dequ'enchau la bèuta?...

Touti h jour de l'an Ai lou cor que me dou, maire;

Emé SI fraire et si galant. LJs Arlatenco

— Li fîho d'Avignoun Sabon que se pimpa N'en soun bèn trop degouiado : E pèr carrière s'alarga.

Nous embelinou ^i^^,^ ^ -.y^ p.,sso la ^^r,

Eme soun teta-dous, y^i cerca dins l'Americo :

En anleupround'unamourous. M'an voufu dire

— Moun fiéu, pèr la bèuta, Que li fîho eilabas Courre lèu en terro d'Arlo : Porton l'argent à plen cabas.

l'a de princesso

— De tant d'argent sonnant, Mère, que voulez-vous en faire?

Dans notre chaumière Ce serait gros embarras.

0 mère, laissez-moi pleurer.

— Mon fils, s'il ne te chaut Gentillesse, ni richesse,

Fais-toi donc moine

Dans quelque monastère

Pour prier Dieu, ta vie entière.

— J'ai bien trop prié Dieu Qui m'a ravi moo amie.

Je vais la retrouver.

Vite, pour votre enfant, Tissez, ô mère, un linceul blanc.

— De taut d'argent tintin, Dins quauquo mounastié,

Maire, que n'en voulès foire?.. Pèr prega Diéii tijourentié.

Dins nostro granjo ^j bon trop prega Dieu

Sarié gros embarras... q^^ ^,^ r,^„l,a mounamigo;

O maire, leissas-me ploura. j^a vau rejoiigne :

— .Moiinfiéu,senoun t'enchan Léu-lèu, pèr veste enfant,

Galantiso ni richesse, Teissès, o maire, un linçouManc. Rénde-to moungc

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