FLANDRE WALLONNE, FLANDRE FLAMINGANTE, HAÏNAUT CAMBRÉSIS. ETC
Ce n'est pas en vain qu'un critique a récemment écrit que l'on ne connaît de la Flandre que « la monotonie de ses plaines, la tristesse désolante de son ciol, l'ivresse bruyante et lourde de ses kermesses et son activité industrielle et commerciale^ ». En effet, quand on l'a dépeinte plantureuse et grasse et si fertile que peu de provinces septentrionales peuvent lui être comparées, on croit l'avoir définie. C'est la juger superficiellement. Rien n'est plus varié que son sol, où cent éléments divers se combinent et lui prêtent celte existence complexe qu'on lui reconnaît lorsqu'on a su profondément la pénétrer. Opposition brusque du terroir et de la race, éléments antithétiques du climat et du paysage, cette multiplicité de ses ressources constitue à la Flandre un caractère original d'un charme prenant et discret, qui la situe entre les plus pittoresques de nos pays de France. « Ceux-là seuls l'apprécient pleinement qui ont connu — écrit M. Léon Bocquet, — puisé aux traditions, respiré dans l'air même l'initiation préalable pour atteindre*à cette beauté, une beauté voilée et douce. L'étendue de la Flandre n'a point, pour l'autochtone, l'uniformité plane qu'enseignent les géographies sommaires. Son atmosphère, moins limpide que celle d'autres régions davantage favorisées du soleil, ni sa lumière papillotante et mouillée, ne révèlent aux regards habitués à s'y baigner la désolation. Ses paysages et ses sites comportent une poésie de brume intense, une pacification profonde, propice aux; rêveries délicieuses et aux langueurs de nonchalance. La plaine est coupée de ces rivières aux méandres de musardise : l'Escaut aux flots verts, la Scarpe paresseuse, la Sambre flexible, activant les vannes des moulins, la Deùle bourbeuse et noire, la Lys surtout, aux eaux fécondes et bonnes au rouissage des lins, et qui coule si calme dans sa vallée humble