‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 233 sur 284 · ALFRED DE MUSSET · texte numérisé non relu

ALFRED DE MUSSET

Tout a été dit sur le chantre des Nuits et de Rolla, et c'est assez pour qu'on ne clierche point ici une glose sur son œuvre et un commentaire biographique. Ses origines seules nous intéresseront. Alfred de Musset naquit le 11 décembre 1810, au centre du vieux Paris, près de l'iiôtel de Cluny, dans une maison qui existait encore il y a quelques années et portait lo n» 3:^ de la rue des Noyers. Il appartenait à une vieille famille du duché de Bar, fixée dans le Blaisois et le Vendômois depuis le xvi« siècle, et comptait parmi ses ancêtres Cassandre Salviati, la « maîtresse » illustre de Ronsard. On assure même que ce ne fut pas le seul lien qui le rattacha à la Pléiade, puisque, en 1"(»", son arrière-grand-père avait épousé Marguerite-Angélique du Bellay, fille de François du Bellay, gouverneur du roi à Vendôme, lequel, écrit M. Léon Séché, descendait de la branche des du Bellay-Langey, cousins de Joachim, l'auteur des Regrets.

Nous laisserons à d'autres le soin de tirer des conclusions le sa généalogie, et nous ne dirons qu'un mot en passant de son goût pour le lieu où il prit naissance. Quoi qu'on ait écrit. Musset se soucia fort peu du terroir; il montra plus que de 'indifférence pour le sol de ses aïeux, et lorsque, à la mort de son père, en 1832, il hérita du manoir de la Bonaventure, près lu Grué-sur-Loire, qui avait été le berceau des siens, il s'en cMit presque aussitôt, sans égard, ajoute l'un de ses biographes, souries souvenirs que ce domaine représentait. Ecrivain d'essence aristocratique, né pour vivre et pour mourir dans un nilieu de culture, il s'éprit de Paris, non par fierté d'y avoir vu e jour, mais parce que cette capitale synthétisait à ses yeux e centre des élégances et de ce luxe auquel il sacrifia trop cuvent la sincérité de son cœur et la pureté de ses concepions. Sa patrie, il la traîna sans cesse avec lui, et ce n'est point rop dire qu'elle fut le sol où s'abritèrent ses amours romaniques, « terre italienne » inspiratrice de son génie, et « bouevard de Gand » avec ce qu'il odrait d'ivresse éphémère, de ontation et de fragile beauté : domaine idéal pour une âme prise d'immortalité, et décor factice cher à l'agonie du poète. >a connaît les vers de Lucie :

Mes chers amis, quand je mourrai...

Alfred de Musset s'éteignit le l"' mai 185T, laissant à sa vilh natale quelques-uns de ses chants et sa dépouille d'écrivain lyrique. Dans la belle saison, son tombeau du Pére-Lachaise, ombragé depuis plus de quarante ans par tant de saules éplorés est un lieu de pèlerinage pour les étrangers. Disons plus, c'est avec la tour Eitrel et l'Obélisque de Louqsor, le monument 1 plus digne de provoquer l'admiration et l'envie des Américain du Sud et des Anglo-Saxons.

Veut-on, après cela, une courte liste dos ouvrages d'Alfrei de Musset? La voici, succinctement dressée sur les édition originales : L'Anglais mangeur d'opium, trad. de l'anglais, Pa ris, Marne et Delaunay- Vallée, 1828, in-18; Contes d'Espagne e d' Italie, V AVIS. Levasseur et Urb. Canel, \d,Z(i,\n-%'> ■,Un Spectacl dans un fauteuil, l*''" livre {La Coupe et les Lèvres, A quoi rêven les jeunes filles, Namouna], Paris, Renduel, 1832, in-18 ; Un Spec tacle dans un fauteuil, 2» livre [Les Caprices de Marianne, Lo renzaccio, André del Sarto, Fantasio, On ne badine pas ave l'amour, La Nuit i'énitienne), Paris, au bureau de la Revue de Deux Mondes, 1834, 2 vol. in-S"; La Confession d'un enfant d siècle, Paris, Bonnaire, 1836, 2 vol. in-8»; Les Deux Maîtresses Frédéric et Bcrncrette, etc., Paris, Dumont, 1840, 2 vol. in-fi (réimpr, en 1841, sous ce titre, Nouvelles); Poésies complète^ Paris, Charpentier, 1840, in-18; Comédies et Proverbes, ibid 1840, in-18; Voyage oliil vous plaira (en collab. avec P.-J. Stahl Paris, Het/.el, 1842, in-4''; Un Caprice, Paris, Charpentier, 184'; in-18; Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, ibid., 184f in-18: Nouvelles, par Paul et Alfred de Musset, Paris, Mager 1848, in-18; L'Habit vert (en collab. avec Em. Augier), Paris M. Lévy,1849, in-18 : Louison, comédie, Paris, Charpentier, 1841 in-18; Poésies nouvelles, ibid., 1850, in-18; Bettine, proverbe Paris, Charpentier, 1851, in-18; André del Sarto, ibid., 1851 in-18; Discours de réception à l'Académie française, Paris, Di dot, 1852, in-4n; Mademoiselle Mimi Pinson, Paris, Hetzel, 185; in-24; Histoire d'un merle blanc, Paris, Hetzel, 18.53, in-24; C< nicdies et Proverbes, Paris, Charpentier, 185:J, 2 vol. in-18; Coi< tes, ihid., 185'«, in-18; Œuvres posthumes, ibid., 1860, in-18; M langes de littérature et de critique, ibid., 1800, in-18; Carmosiu ibid., 1865, in-12 : Fantasio, ibid., 18C6,in-12: In Rùve, Pari Rouquettc, 18T5, in-S": Œuvres inédites, Paris. 1896, 6 plaq. i 8»; Correspondance, lH->~-lH')l , Paris, Mercure de France, 190 in-8'>. Il existe une foule d'éditions des Œuvres complètes ; V plus connues et les plus appréciables sont celles qui ont é publiées jusqu'ici par les éditeurs Charpentier, Fasquello Alph. Lcmerre.

IJlBLloonAPiiiK. — Paul de Musset, Biogr. d'Alfred de Mussi

>aris, Charpentier, 1874, in-S" ; Lui et Elle, ibid., 1860, ia-12. — >I™e Jaubert, Souvenirs, Paris, Het/.ol, 1879, iu-12. — Georgo saiid, Elle et Lui, Paris, Hachette, 1859, iu-12. — Louise Colet, Ali, Paris, Libr. nouv. , 1860, iu-r2. — Lescure, Eux et Elles, te, Paris, Poulet-Malassis, 1860, iH-12. — Paul Mariéton, Une listoirc d'amour, Paris, Havard, 1897, iu-18. — Arvode Harine, [. de Musset, Paris, Hachette, 1900, in-18. — Bibliographie des mures d'A. de Musset, etc., Paris, Rouquette, 1883, in-S"* — ,éon Séché, A. de Musset, Paris, Mercure do France, 1907, 2 vol. tt-8». — Voyez en outre Lettres de C. Sand à A. de Musset et ■ Sainte-Beuve, Paris, Cahnanu-Lcvy, 1897, in-18, et Corresondancc de G. Sand et d'A. de Musset, Deman, Bruxelles, 1904, n-8°.

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