‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 234 sur 284 · MIMI PINSON · texte numérisé non relu

MIMI PINSON

C II A -N s O N

Mirai Pinson est une blonde, Une blonde que l'on connaît.

Elle n'a qu'une robe au monde,

Landei'irette !

Et qu'un bonnet.

Le Grand Turc en a davantage.

Dieu voulut de cette façon

La rendre sage.

On ne peut la mettre en gage, La robe de Mimi Pinson.

Mimi Pinson porte une rose.

Une rose blanche au côté.

Cette fleur dans son cœur éclose,

Landerirette !

C'est la gaîté.

Quand un bon souper la réveille, Elle fait sortir la chanson

De la bouteille.

Parfois il penche sur l'oreille.

Le bonnet de Mimi Pinson.

Elle a les yeux et la main prestes.

Les carabins, malin et soir. Usent les manches de leurs vestes.

l68 LES POÈTES DU TERROIR

Landerireltel

A son comptoir.

Quoique sans maltraiter personne, Mi mi leur fait mieux la leçon

Qu'à la Sorbonne.

II ne faut pas qu'on la chiffonne, La robe de Mimi Pinson.

Mimi Pinson peut rester fille,

Si Dieu le veut, c'est dans son droit.

Elle aura toujours son aiguille,

Landerirette !

Au bout du doigt.

Pour entreprendre sa conquête, Ce n'est pas tout qu'un beau garçon :

Faut être honnête ; Car il n'est pas loin de sa tête, Le bonnet de Minii Pinson.

D'un gros bouquet de fleurs d'orange Si l'amour veut la couronner, Elle a quelque chose en échange,

Landeriretto!

A lui donner.

Ce n'est pas, on se l'imagine.

Un manteau sur un écusson

Fourré d hermine; C'est l'étui d'une perle fine, La robe de Mimi Pinson.

Mi mi n'a pas lame vulgaire, Mais son cœur est républicain :

Aux trois jours elle a fait la guerre,

Landerirette!

En casaquin.

A défaut d'une hallebarde, On l'a vue avec son poinçon

Montei" la garde.

Heureux qui mettra la cocarde Au bonnet de Mimi Pinson!

[Mademoiselle Mimi /'inamt' profil de g ri selle.)

AUGUSTE DE GHATILLON

Peintre, sculpteur, lithographe et poète, Auguste de ChAtillon laquit ea 1813. Il fut célèbre sur le boulevard, vers 1860, d'a- )ord comme auteur de La Levrette en paletot, fantaisie qu'on rouvera plus loin, ensuite comme victime d'une ladrerie de .'ictor Hugo qui lui refusa un prêt de cinquante francs, et, à la )Iace. lui adressa des consolations où se trouvait cette phrase : Chacun gravit son Golgotha. » Alexandre Pothey en fit une hanson dont le refrain était : Et tout doucement je golgothe. ùlle fit le tour des cafés, et le Nouveau Parnasse satirique du 'ix-nenvienie siècle l'a recueillie... Elève de Guillon-Lethière, Ihàtillon exposa plusieurs fois des peintures et de la sculpture ux Salons. Il obtint des récompenses pour un portrait de Ictor Hugo et son lils et diverses fioures de femmes. 11 parit aux Etats-Unis en 1844, y demeura douze ans et peignit une oile de 40 mètres de superficie, La Bataille de la Resaca de 'aima, actuellement conservée à la Maison-Blanche, à Washingon. On dit qu'il en tira une lithographie, fort recherchée en k.mérique. De retour en France, après avoir publié, assure-t-on, les vers à Londres, il donna plusieurs éditions de ses poèmes : :hant et Poésie, de, Viivis, Dentu, 1855, in-18; Â la Grand'Pinte, 'aris, Poulet-Malassis, 1860, in-18: Les Poésies d'Auguste de Châillon, 3« éd. très augm., Paris, Libr. du Petit Journal, 1866, a-12. On lui doit encore d'autres ouvrages : Promenades à l'ile% aint-Ouen-Saint-Denis (partant des BatignolUs), Montmartre, nprim. de Pilloy, 1857, in-S»; Frantz Miiller (en coUab. avec ouis Enault), Paris, Hachette, 1862,in-16, etc. On ne le connaît plus guère aujourd'hui, dirons-nous avec [. Jules Claretie, cet Auguste de Chàtillon qui s'éprit des loulins de Montmartre, des lilas de Montmorency et des caots du lac d'Enghien, comme le pauvre Arène des oliviers, es mûriers, des routes blanches et du soleil de son pays, ourlant il valait mieux que notre mépris ou notre ignorance, t bien des poètes de l'heure présente lui envieraient sa gaieté t ses chansons...

Bibliographie. — Th. Gautier, Préface à Chant et Poésie. —

Cil. Asselinoau, Notice publiée au tome IV des Poètes français d'Eugène Crépet, Paris, 1863, in-8». — Un Bibliomane, Lo Papiers d\i. de Châtillon, Mercure de France, 1<='' août 190T.

Page 1