PRINTEMPS PARISIEN
Sous l'azur tendre et l'or du ciel d'avril, Montmartre au loin s'étag-e, gris et rose. Le boulevard, hier soir si morose.
S'éclaire et rit. L'air est tiède et subtil.
Une fillette, un narcisse au corsage, Semble, en marchant, senivrer de soleil; Son regard brille; un flot de sang vermeil Lui bat au cœur et lui monte au visage.
Qu'ai-je donc fait de mes sombres douleurs? Le jour est plein de douceur lumineuse; On est épris de chaque promeneuse, On voit passer des voitures de fleurs.
Laissons le feu s'éteindre au fond de l'àtre, Attardons-nous sous les marronniers verts! 11 faut avoir la cervelle à l'envers Pour s'enfermer maintenant au théâtre.
Tout est gonflé de sève, jeune encor ; Tout veut aimer, tout semble heureux sans cause- — Montmartre au loin s'étage, gris et rose, Sous le baiser du ciel d'azur et d'or.