ROBERT DE MONTESQUIOU
M. le comte Robert de Montesquiou-Fézensac est no à Paris le 19 mars 1855; il appartient à une illustre famille qui a produit des hommes de guerre et des hommes d'Etat, au nombre desquels on cite le maréchal de Montluc, le maréchal Gaston do Gassion, Pierre de Montesquiou, l'un des plus fameux maréchaux de Louis XIV, Anne-Pierre de Montesquiou, conquérant de la Savoie, l'abbé de Montesquiou, ministre de Louis XVIII. Il a publié une série de poèmes d'un art précieux : Les Chauves- Souris (Paris, Richard, 1892, in-18, et 1907, gr. in-S»); Le Chef des odeurs suaves (ibid., 1894, in-18); Le Parcours du l\cvc au Souvenir (Paris, Fasquelle, 1895, in-18); Les Hortensias Bleus libid., 1896, in-18, et Paris, Richard, 1906, gr. in-8») : Les Perles rouges (Vax-'is, Fasquelle, 1899, in-18); Les Paons (ibid., 1901, in-18); Prières de tous (Paris. Maison du Livre, 1902, in-18), et quelques recueils dejirose : Roseaux pensants (Paris, Fasquelle, 1897, in-18): Autels privilégiés (ibid.. 1899, in-18); Professionnelles beautés (Paris, Juven, 1905, in-18); Altesses Scrènissinies (ibid., 1907, in-18). On lui doit en outre im petit livre à la gloire de la pauvre Desbord<'s-Valmore, Félicité (Paris, Lemerre, 1894, in-18) et un commentaire descriptif d'une collection d'objet» relatifs aux parfums, Pays des Aromates (Paris, Floury, 1900, Jn-18).
M, Robert de Montesquiou n'apparaît pas, au sens étroit du mot, comme un poète du terroir: on comprend mèuie ce qu'une telle épithète, accolée à son nom. ollVo tout d'abord do singulier ot de contradictoire. Cet écrivain, avons-nous observé un jour, est un fruit do culture et le dernier représentant autorisé delà poésie précieuse qui lleurit sous le règne de Louis XIII et connut, avec Malleville, Voilure, Gombauld, Scudéry et vingt autres beaux esprits, des heures do gloire inoubliables. Pourtant l'on nous passera qu'il reflète assez bien une manière de sentir la nature propre à quelques-uns, et qu'il a peint mieux que personne les vieux parcs français et les jardins de royale origine. Les quatre-vingt-treize sonnets quil jjublia sur Versailles, sous ce litre symbobique, Les Perles rouges, font revivre, mais sans
lui rien retirer de sa grâce désuète, le plus mervcillcu'c décor du grand siècle. Le Nôtre, Mansart, La Quinlinie, ont créé Versailles, M. de Montesquiou eu a fait l'apothéose.
liiBLiooRAPHiE. — Ad. Brisson, La Comédie littcrairc (Paris, Colin, 1895, in-18). — A. Krance, Le Comte R. de Montesquiou, Le Temps, 13 nov. 1892. — Ad, van Buver et P. Léautaud. Poètes d'aujourd'hui, nouv. éd., t. II.