‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 275 sur 284 · LE RENARD ET LES RAISINS · texte numérisé non relu

LE RENARD ET LES RAISINS

Un renard, — Sur le tard, — Se cantonne — Sous un tonne — De muscat — Délicat, — Bon et beau, — Biei roux, — Bion mûr, — Pour sûr. — Pour en avoir (altrn per, — Quel ennui! — La treille est haute. — Mon renar( saute, — Et saute, saute, — Sauteras-tu! — Jamais Si patte — N'en touche grain. — Ce vantard — Alors S' plante — Et dit tout bas : — « Je n'en voulais pas, - C'est bien aussi vert — Que lézard ; — Ce doit être aigr — Comme vinaigre; —

LOU KENAU E LOU l'.OZI

Un rcnap, Moun ronar sauto,

Sur lou tar E sauto, sauto,

Se cantouno SautorA-tu!

Sort no touuo Jomai sopautn

Demusca N'en mapno gru.

Dolica, Queu pcto-vaiilo

Boun e bou. Olor so planto

Bien rousseu, E di ton bA :

Plo modur N'en voulio pA.

Do segur. Qu'ei be tan vér

Perncn vei Coumo luzèr;

Quai cinei! Co deu esse Agrc

Lo trelio ei aulo, Coumo vinAgrc;

Quoique goujat — En eût mangé; — Ce n'est que bon — Poui' un paysan. »

Ce conte est yrai — Comme je sus là-bas, — Mais qui en rit — Dit en soi-même : — Un homme d'esprit — Fait bien de même. — Nécessité — Devient vertu — (Par vanité — Bien entendu).

[Poésies en patois limousin, 5* éd., Limoges, Ducourtieux, 1895, in-18.)

Caiiqiie goii.ju Dit en se meimo :

N'ôrio minja; '*n ome d'espri

Ce nei ma bou Fai plo de meimo.

Per un jantoii. Nécessita —

Qneu countc oi vrai Fai no venu

Coumosailai; (Per vomta

Mâquin-enri B.en-entenJu) '.

l. Le lecteur remarquera à chaque instant des voyelles finales en caractères italiques. Dans le corps du vers, ces voyelles ne doivent pas se prononcer, de môme quo l'e muet s'élide devant une voyelle dans le corps du vers français. A la fin du vers, les voyelles en italique indiquent une rime féminine sur laquelle la voix doit s'éteindre. (Xote d'Emile Ruben.)

ANNE VIALLE

De bonne souche bourgeoise, Joseph-Anne Vialle naquit le 20 mai 1762, à Tulle, où son père Jean, avocat au siège sénéchal et présidial, exerçait en môme temps la profession déjuge de l'évèque. Anne ViaUe embrassa le parti de la Révolution, mais sans en tirer honneur ni profit. A trente et un ans, son rôle politique était terminé. Emprisonné après thermidor, il ne dut sa liberté qu'à la complaisance de ceux qui s'étaient servis de lui. Collaborateur de Nicolas Béronie, il s'est fait le publicateur du Dictionnaire du patois du Bas-Limousin, et plus particulièrement des environs de Tulle, etc. (Tulle, imprim. J.-M. Drappeau, s, d. [1822], in-4o). On lui doit, de plus, quelques vers en langue vulgaire, entre autres des noëls, des chansons satiriques et le fameux poème intitulé La Pesta de 'l'ula, qui a été réimprimé à la suite d'une intéressante notice sur cet auteur, due à G. Clément-Simon. Ce petit ouvrage, que l'on trouvera ci-après, a été attribué souvent à l'abbé Lacombe, l'auteur de La Moulinado. Joseph-Anne Vialle est mort le 18 novembre 1833,

Bibliographie. — G. Clément-Simon, Joseph-Anne Vialle, poète et lexicographe, Tulle, impr. Craullbn, 1893, iu-S».

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