LA PESTA DE TULA
la cauques ciuc cent/, ans qu'un' afrousa oouracta Sus lou païs dans Krancs brandit sa cadeneta. La pesta de sa coua sus la Fransa ploguet;
LIMOUSIN ET MAUCHE 551
La Famine, sa sœur, aussitôt la suivit. — Mais de tous les pays que ces deux bourrelles, — De leurs cruelles faulx fauchaient, — Notre pauvre trou (de Tulle) fut le mieux tondu. — Depuis le puy Pinson jusqu'au puy des Echelles, — L'ange exterminateur ouvrait larg-ement ses ailes. — Il couvrait la Fag-e et le bois Dominger : — Un triste drap de mort pendait lamentablement au clocher. — Les filles, sur les collines, avec leurs maigres brebis, — Ne trouvaient plus personne pour les faire danser; — La mort les y atti-apait, et leur triste chien de garde, — A la nuit, reconduisait seul le troupeau à l'étable. — Leurs frères, dans les champs, avec leur pâle visage, — De leurs mains mourantes sentaient la pelle leur échapper, — Et sans aucun ami qui vienne leur fermer l'œil, — L'air>; même du champ leur servait de tombeau. — De son petit mourant, la mère désolée, — En pleurant sur le berceau, demeurait pliée en deux. — De son sein desséché, elle pinçait en vain le tétin, — Et la pauvre expirait en embrassant son enfant. — Le père qui venait d'ahanner sa journée, —
La Famina, sa sor, eita leu la seguet.
Mas, de touz lous pais qu'aqiielas doas bourelas
Sejavon journ e nueg de leurs dalhas criidelas,
Nostre paubre boujal fuguet lou miel toundut :
Tout lou vere dei cial lois s'era reboundut.
Denipeis lou pueg Pinsoun trusqu'ei pueg d'Eschalas
L'antge estenninatour alandava sas alas,
Crubia touta la Faja e tout lou bos Mingier :
Un triste drap de mort pendaulhav'ei cloutchier. •
Las dronlas, sus lous puegs, amb lours votdhas pialadas,
Troubavon degun pus per iiour far las viradas :
La mort las leis sudava o Iiour triste chadel.
A l'estable, a la nueg, tournava lou troupel.
Liours fraires, diui lous chams, amb Iiour ligura pala.
De liours mourentas mas sentiaa fugir la pala,
E senz degun ami que Iiour caressa i'uelh,
Lou tal dei bessadis Iiour servia de toumbel.
De soun petiot mouren, la maira desoulada.
En purant sus lou brcs, demourava apautada :
De soun sen desséchât l'istouressia lou piois
E la paubr' espirava en poutounan soun creis!
Lou paire que venia d'afanar sa journada.
Trouve, roides sur le sol, sa femme, son enfant. — Il se mord les poignets, sur la terre il se tord, — Et lui qui la voudrait, ne trouve pas la mort.
(Traduction de .T. P.)
Troba. redes pel sort, sa femna e sa moinada. S'agafa lous pounhetz, sus la terra se tors, E el que la voldia, ne troba pas la mort !
EUSEBE BOMBAL
Archéologuo, historien, conteur, folklorisle, dramaturge et même poète à ses heures, cet ancêtre de l'école limousine contemporaine est né le 5 mars 1827, de parents sans fortune, à Argentat, dans la maison qu'il n'a cessé d'habiter depuis. Ses premières études terminées, il entra en 1846 comme professeur à l'école primaire de sa ville natale et cumula bientôt les ionctions d'éducateur et de secrétaire de mairie. Inlimciueut lié avec son compatriote Auguste Lestourgie, il réunit les éléments d'un petit musée communal, puis se prit à exalter en maints ouvrages les fastes de sa province. On lui doit : La Chatellenie de Merle, Tulle, Crauiroa. 1877, et Urive, Roche, 1883. in-8»; Histoire de la ville d' Argentat et de son hospice, ibid., 1879, in-8o; Notes sur Saint-Martial et Malessc, deux cardinaux limousins, ibid., 1881, ia-S»; Notes et documents pour servir à l'histoire de la maison de Saint-Chamans, ibid., 1885, in-S": Récit généalogique a ses enfants par le marquis A.-M.-II. de Saint-Chamans. ibid., 1891, in-S-^: Mémoires du marquis A.-M.-H. de Saint-Chamans, ibid.. 1899, in-8''; Notes sur quelques anciennes familles d'Argentat, ibid., 18'J0, in-S»; Recherches sur la villa gallo-romaine de Longour, ibid., 1897, in-8<>; La Haute Dordogne et ses gabariers, ibid., 1903, in-S" : Rapport sur les fouilles opérées au puy du Tour, ibid., 1907, in-8»: Les Cahiers de Paul Meilhac (Lemou/.i, 1902, 1903 et 1904), etc., etc.
Mais ce ne fut pas seulement en consacrant ses meilleurs instants de loisir à étudier l'histoire de sa province qu'Eusèbe Bombai acquit des droits à la gratitude de ses comj)atriotes. Suivant l'exemple du fameux chanoine Joseph Roux, il participa à la renaissance du beau parler limousin. Empruntant, dit-on, avec autant d'intelligence que d'amour juvénile et de confiance, la graphie adoptée par les félibres, il se lit l'interprète de toutes les traditions locales et composa une foule d'ouvrages, articles, nouvelles, coûtes, pièces de théâtre, fabliaux et chansons destinés à fixer les principes de la nouvelle école. Il donna successivement : Le Conte limousin de Champalimau, Tulle, CrauTfon, 1893, in-8"; Lou Darrier Archipestre d'à Brlvazac, curât
d'à Mounceu, Brivo, I\oche, 1894, iii-S»; La Tsucg de las Paiis, pièce comique, en un acte, représentée à Brlve, le 22 juin 1895, et à Argentat, le .'{ sept. 1905 (Leraou/.i, 1895); Lou Drac, pièce fantastique, en trois actes mêlés de chants (lîrive, Roche, 1900, in-S») : Verhoulet, un acte (Leraouzi, 1903) ; Viva Tourena, un acte (Lemouzi, 1903): La Biijada, piécette eu un acte, en coUab. avec Marguerite Genès (Lemouzi, 1904), etc.
M. Eusèbe Bombai a, de plus, donné à la scène française une pièce en trois actes, écrite en collaboration avec Auguste Lestourgie, Bernard J'alissy (Tulle, veuve Drappeau, 1858. iu-8»), laquelle a été représentée à Saintes, le 30 juillet 1864, au proQt de l'érection de la statue du célèbre céramiste.
Bibliographie. — Louis de Nussac, Les Enfants du Pays, E, Bombai; Lemouzi, nov. 1901.