CREPUSCULE
Sous la voûte des bois, voici le jour qui meurt; Jusqu'au bord du vallon la dernière runiour Monte comme l'ocho d'une chanson lointaine. L'ombre de velours bleu marque la nuit 2)rochaine;
Les clairs reflets de l'oau commencent de mourir; Des étoiles d'or fin s'en vont bientôt fleurir
Aux jardins de la nuit, clos ainsi que des tombes. Dans les ombres du soir, comme un vol de colombes, Passent, avec douceur, de fuyantes clartés : Les vergnes, un instant, semblent tout argentés.
Le bûcheron joyeux, la cognée à l'épaule, A la brise du soir qui fait pleurer le saule, Le long du sentier vert laisse fuir sa chanson. Tout le jour, de grand air il a fait sa moisson; Tout le jour, respiré les senteurs bocagères Qu'avec amour le vent, sur son aile légère,
Porte de feuille en feuille, ainsi qu'un doux fardeau. Vers le couchant de feu, la cime d'un bouleau Chuchote, en se berçant, une chanson plaintive; Et notre bûcheron, que le doux soir captive, D'un refrain de romance endort sa pauvreté. Le soleil fait flotter sa dernière clarté;
Un rire frais, parti du grelot d'une mule, Monte seul du moulin dans l'or du crépuscule... L'ombre dans les vallons ton\be par flocons bleus.. Et dans le jour pâli, qui s'éteint peu à peu, Quelque pâtre lointain, d'une main familière, Berce avec son pipeau l'àme d'une bergère.