‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 34 sur 284 · Eugène iJebièvre, Uràle-Maison et ses chansons · texte numérisé non relu

Eugène iJebièvre, Uràle-Maison et ses chansons

60 LES l'OÎiTES DU TERROIR

an, en guiso d'almanachs, des recueils d'ariettes, de chansons plus ou moins légères, et de poésies plus ou moins fugitives. Ces alnianachs paraissaient sous le titre d' Etrennes ; c'est pourquoi Vanackère publia ses recueils de chansons patoises en les intitulant Etrennes toarquennoises. II mit aussi au jour dix petits recueils in-24, au milieu desquels il intercalait un calendrier. La bibliothèque de Lille en possède un pour l'année 1791 qui porte sur le titre -.Seconde édition. lien existe de plus anciens dans des collections particulières, et l'on nous en signale un daté de 1784.

Dans sa préface, l'éditeur ne nous dit pas précisément où il a puisé ses textes, mais il apparaît clairement qu'il les tira tantôt de copies manuscrites provenant de bibliothèques privées, tantôt d'anciens placards que Brûle-Maison distribuait et vendait de sou temps. Quelques-uns de ces placards sont arrivés jusqu'à nous; ils sont imprimés au recto et au verso et contiennent tout à la fois, par exemple, le Grand Voyage de Lille a Douay par la barque, des complaintes sur la Destruction de Thérouanne, la Prise d'Albiac, la Mort du partisan Marin, la légende de Lydèric et Phinaert. On comprend qu'à employer une telle méthode de publication, Vanackère ait rendu ses recueils suspects. On peut dire même qu'il ne se fil point faute d'y introduire, afin de les rendre plus compacts, des pièces composées après la mort de notre auteur. Il l'avoue d'ailleurs explicitement à partir du sixième recueil, transformant son titre en celui d'un ouvrage collectif. Dans les recueils précédents, déjà il semble, faire une distinction entre certaines pièces sous lesquelles il ajoute le nom de Brûle-Maison et d'autres qu'il se garde d'attribuer. La réputation du vieux chansonnier, prenant plus d'actualité qu'elle n'en avait jamais connu et s'étendant au delà de sa province, provoqua tout à la fois et dos critiques acerbes et la cupidité des libraires. Tandis que les uns, comme Victor Derodo dans son Histoire de Lille, Roussol- Desfontaines dans celle de Tourcoing, nièrent l'existence do Itritle-Maisou, allant jus(iu'à prétendre que ses chansons avaient été composées par un chanoine do Saint-Pierre de Lille, d'autres, tel If libraire Blocquel-Castiaux, s'ingénièrent à donner uno contrefaçon des Etrennes tourquennoises* et ne se gênèrent nullement pour y faire entrer des productions contemporaines. On lut ainsi des couplets chantés à des ban(|uets et à des cérémonies localiîs donni'os vers 184.'). Il faut dire pourtant que ce dernier rcctu'il oH'rait parfois au public des chansons anciennes que Vanackère ne connut pas ou bien laissa do côté.

Voici une courte bibliographie des recueils de Brûle-Maison

1. Chnnsnnx toiirqnennoinps, lilloises et douaisiennes en patois du pays, par Drùh'-Mainon, Lille, s. d., 1 vol. iu-32.,

me nous avons pu consulter à la Bibliothèque nationale : Etrcnles tourqneniioises, etc., 2« éd.. Tourcoing et Lille, chez l'éditeur, m IX, cinq parties en un vol. iu-'i2 ; Chansons tourqucnnoises et illoiscs, avec les airs notes, etc., Lille, impr. de Blocquel, 1813 î vol. in-32; Etrennes tnurquennoises et lilloises, etc.. Tourcoing ;t Lille. Blocquel, 1813, 4 vol. iu-32 ; Lille, Vanackére, 1813, 1822, 823, 1831. in-32; Tourcoing et Lille, Vanackùre fils. 1833, in-32 •j» édit.); Chansons tourquennoises, etc.. Lille, Castiaux, 1833, n''^2^, Etrennes, etc.. Lille, Vanackcre fils, s. d., 1843, s. d. etc., n-32; Les Chansons et histoires facétieuses et plaisantes de feu •\ deCottignies (publ. par Em. Chasles, Lille, Vanackére, 1856. n-12); Etrennes, etc., 7« éd., Tourcoing et Lille, Vanackére, 1880,

0 p. in-32. Ajoutons que tous ces recueils out en partie reproluit des pièces qu'on trouve dans un manuscrit de la bibliothè- [ue de Lille, provenant de la collection Genlil-Descanips. Ce aanuscrit, qui, avant de passer entre les mains de son dernier )ossessour, appartint successivement à « J. de Cottignies l'aîné, ils de Brùle-Maison», puis aux bibliophiles Libert de Beaumont

t V. Godefrin, porte le titre suivant : Trésor ou Recueil de pluieurs belles chansons, et renferme 874 pages in-4''. Il contient

u dire de M. Eugène Debièvre, qui en a fait le dépouillement, :n grand nombre de pièces inédites ou non de Brùle-Maison, >armi une foule d'autres qui peuvent lui être attribuées ou

ppartenir à des poètes de son école. On s"est beaucoup occupé

es dernières années du poète lillois. Des écrivains de tous ;enres ont fait son éloge. Le bon chansonnier Desrousseaux

'est appliqué à faire revivre cet ancêtre de la Muse populaire,

1 lui a consacré une notice curieuse, d'où nous détachons cette necdote curieuse et nouvelle qui, depuis, s'est vulgarisée :

Original toute sa vie, Brùle-Maison voulut l'être encore après a mort. Il habitait une petite maison sur la place du Théâtre; escalier en était tellement étroit qu'il ne'permettait d'introuire aucun meuble dans le trou qui lui servait de chambre.* eu de temps avant sa mort, il lit appeler un charpentier, l'oligea de construire son cercueil sur place, et le jour de son aterrement, au grand ébahissement de tous les spectateurs, n fut obligé de le descendre par la fenêtre. »

Bibliographie. — Louis Verniesse, Biogr. de François Cotiny dit Brùle-Maison, Lille, Leleu, 1863, in-r2. —Desrousseaux, râle-Maison, Etude biogr., Lille, imprim. L. Danel (extr. des lém. de la Soc. des Se, de l'Agricult. et des Arts de Lille), 383, in-8», — Eugène Debièvre, Brùle-Maison, ses chansons,

evue du Nord, 1896, XI, p. 38 et 73.

CHANSON

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