‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 33 sur 284 · BRULE-MAISON · texte numérisé non relu

BRULE-MAISON

Le plus populaire de tous les chansonniers lillois, et peutôtre le créateur du genre eu province flamande, François Cotignies, — et non de Cotignios, comme on l'a écrit par erreur, — dit Brùle-Maison, naquit le 16 janvier 1678 et mourut eu 1740. On sait peu de chose sur sa vie, sinon qu'il se maria avec Marie-Thérèse Gouviou, le \<" juillet 1706, et eut un lils qui se fit appeler Jacques de Cotignies. L'auteur* d'un poème eu vers burlesques sur la bataille de Fontenoy (Lille, Audré-J. Panckouke, 1745, in-16) a donné quelques renseignements sur ce poète, mais il faut s'y référer prudemment, car ceux-ci fourmillent d'inexactitudes et furent cause que les faiseurs de dictionnaires altérèrent singulièrement sa physionomie. On y peut lire néanmoins en toute confiance que lirùle-Maisou, d'origine très médiocre, fut mercier de son état et divertit le peuple de Lille pendant quarante années par ses satires patoises sur les habitants de Tourcoing. Il fit deux pèlerinages à Saiut-Jacques en Galice, patron des merciers, à Lorette et à Rome, vendant en cours de route ses pasquilles et pasquinades. Aussi bien eutil une incroyable célébrité. On l'avait surnommé Brûle-Maison de ce qu'il brûlait fréquemment en place publique une maisou de cartes fichée au bout d'un bâton, afin d'attirer les badauds. Il faisait aussi des tours de physique et toutes sortes d'exeiw cices d'adresse; mais on assure qu'il abandonna ce genre de facéties sur la naïve interrogation d'un paysan qui se prit à lui demander pourquoi il souffiait également dans ses doigts afiu de les réchauffer, et sur sa soupe chaude afin de la refroidir. Les chansons qu'on lui attribue et qui font son unique mérite sont souvent des couplets d'un style grossier, bien qu'ayant un ton naïf, et qui, presque toujours, prennent à partie les Tourquennois en leur attribuant toutes sortes de balourdises.

Elles parurent pour la première fois, grâce aux soins de l'imprimeur Vanackère, à la fin du xvii'' siècle.

« La mode, dit-on-, était, en ce temps-là, de vendre, au nouvel

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