LE MOINE ET LES TROIS FILLES
De là-bas vient un moine — Habillé de blanc. Trouve ti'ois fillettes — Qui cueillaient des g-lands. « Qui est de vous autres — Qui veut n'embrasser ?
— Non, dit la plus vieille, — Certes ce n'est pas moi.
— Non, dit la cadette, — Certes ni moi non plus. » Répond la plus jeune : « Moi, je le ferai bien,
« Pourvu que tu me donnes — Cent écus que tu as, « Pourvu que tu me donnes — Ton beau cheval que tu as.» Le moine plus simple — S'en va le brider. La fille plus fine — S'en va le monter.
TEXTE
De laï ven un mouiné Habillas de blaac,
Allou lette.
Tour la ringuette.
De laï ven un mouiné Habillas de blanc.
Trœve très filletas Cueillissiant d'aglands.
« Quant'es de vos aôstrcs Que vaô m'embrassas?
— Nen', dit la plus vièilla, Certa n'es pas io.
— Nen', dit la cadètta, ^ Certa ni mas io. »
Respond la plus zeuna :
« Si fariou bien io.
« Mai que tu me donnas Cent escus que n'as, n ^faï que tu me donnas Ton bel tchival qui n"as.
Lou mouiné plus simple S'en vaï lou brida.
La mionne plus fine Si li vaï lou mon'ta.
1. Pièce rccuoillic àGIanda-e (Diois) et publiée par M. Julien Ticrsot : Chansons popid. des Alpes françaises, 19U3.
Le choval prend sa course, — Le moine trotte. « Attendez-moi, belle, — Arrêtez-vous donc!
— Que lui t'attende, — Et moi je t'attendrai.
— Au château de mon père — Il y a trois pendus.
— Moine, pauvre moine, — Tu feras quatre si tu y vas. « Adieu, pauvre moine, — Fais comme tu voudras.
« Adieu, pauvre moine, — Tu es bien moqué. »