Albert Grimaud, La llacc et le Terroir
1. li clail né le :ju décembre 1S16. Kufant trouvé à la porte de riiospicc de Crest, on l'inscrivit tout dabord au registre de l'étal civil sous le nom de Pliiiippe Hoc. l.o 6 mars l84:i,jourde sou mariage, il fut icconnu par sa niere Madeloitie Grivel. Ouvrier tisseur de drap, Rocli Grivel se rendit célèbre en composant des comi'dies qui furent jouées avec succès sur la scène du tliéâlrc de Grcsl. Sou poème satirique LaCarcooela<lo {\9.W\\cc, Ciieueviercl Cliavct, 1873, in-8") est une sorte d ouvrage fantastique où sont décrites avec une verve incomparable les nid-urs dun quartier pittoresque de sa ville natale. Soulfranl, las du métier de tisserand (juil uavail jamais cessé d'exercer depuis son jeune âge, Grivel entra sur le lard dans les bureaux de renregistrcmeut. 11 mourut le 'it novembre 1888. Ses tiiuvrcs ont élé réunies deux fois de son vi\anl. Voyez. : Poésies, Théâtre patois, Mélanges (Valence, Tcyssier, 1878, in-S") ; Mas Flours d'hyver, Mélanges, Poésies, n',')f-i^f>3{Crcsl, Brocliier, 1887, in-8"). On consultera utilement sur cet auteur : Jules Saiul-Keuiy, Jtoch firivet. Valence, i87i, in-S"; J. Brun-Durand, Le Poète patois Jt. Grivel et son Œuvre, confér. faite au lliéàlre de Cresl, iO juill. 1889, Valence, 1881», in-8»: A. Lacroix, niùl. hislor. du Dauphiné, (ircnoble, Brevet, s. d., in-8'>.
3. •< La (!if/ule,i\\ii,a\i début, poursuivait un but littéraire, linguistique et même politique, ne tarda pas à être transformée en quel(|Uft sorte en une société amicale de Méridionaux, félibre» ou non. Aussi, eu 187y, Maurice l'aure, Bapli^ite Bonnet, le baron de; Tourloulon, le marquis de Villeneuve-lisclapon, Ionien reconnaissant les a\aulagCH immenses des réunions <le Gigalier», fondèrent la Société des i''èlibres de Paris, où ils n'admirent que des provincialisles éprou\és, capables d'écrire en langue d'oc leur discours «le réception. Kesdeux groupes, loin de se combaltrc, s'allièrent étroitement; on les a vus courir enscuible le Baupliiné el la l'rovence en 1888 ; le Uuorcy, l'Ar-
DAUPHINE
« Actuellement, écrit en substance M. A. Grimaud, il y a en Daiiphiné tin j^roupe de poètes amoureusement lixés au sol de la petite patrie et la célébrant avec enthousiasme dans la lan';uc de leur berceau : l'abbé Louis Moutier [mort récemment^, curé d'Etoile, capiscol des lëlibres de la Drùmo, auteur de jolis noi-ls, du curieux poème Z,ou Rose (le Rhonc), de plusieurs études philologiques et d'ime o:rammaire des dialectes dauphinois; Gatieu Almoric, de Cliabrillan, poète plein de verve et de charme, qui a eu l'idée originale de créer une troupe d'acteurs-paysans allant donner des représentations dans les villages voisins; Léopold Bouvat et Célestin Fraud, de Crest; enlin, le plus célèbre de tous, Pierre Dévoluy, capoulic du Félibrige eu remplacement de Félix Gras. »
De tout temps le Dauphiné a eu ses poètes de langue française. Quoique régionaux pour la plupart, ceux-ci n'ont rien qui les distingue des écrivains de l'Ile-de-France. Citons succinctement quelques noms, sans commentaire, afin de ne point étendre cette notice déjà trop louguo. Au surplus, on retrouvera plus loin, dans notre choix de textes, ceux qui se sont souvenus do leur pays d'origine et qui nous ont paru mériter mieux qu'une simple mention. Tout d'abord au xvi» siècle : Gilbert Gondoin, de Romans, Jean Figon, Alexandre de Poutaymery, auteur d'un poème médiocre, La Cité de Montcliniar ; Faucheran de Montgaillard, Claude Expilly, Pierre de Cornu, Pierre Davity, Charles do Clavcson; puis du xvii" siècle jusqu'à la Révolution: Balthasar Baro, David Rigaud, marchand drapier et poète local; Louise-Anastasie de Serment, Delisle de la Drevelière, Jacques-Jacques, Gentil Bernard; enfin, au xix« siècle et de nos jours : Ch. Reynaud,Fr.Ponsard, Adèle Genton', Melchior des Essarts, L. Gallet, E. Augier, Antonin Grangeneuve*,
niagnac, la Bigorre et le Béarn eu 1800; la basse Provence, du Hhbne à Nice, en 1891 ; le Comlat Yenaissiu, en 1894; leValentinois et le bas Dauphiné en 1897, lors de la fameuse « desconlc « de 1897, où l'on inaugura à Valence la statue d'Emile Augier, et où l'on assista aux mémorables représentations du Théâtre antique d'Orange. Cliacjue année Cigaliers et Fclibres de Paris se réunissent à Sceaux, près de la maison du fabuliste Floriau, qui étail Cévenol. »
1. Femme d'un avocat de Monlélimar, Adèle Genton mourut accidentellement le 28 octobre 18G9, laissant une œuvre inachevée, d'un charme prenant et discret. Un do ses ouvrages, Piccoline, recueil do poésies intimes publié en 1864 (Paris, Douniol, in-S»), contient quelques pièces originales, célébrant le pays natal. L'une d'elles, Les Cascatelles de la Vernaison, aurait trouvé place dans notre choix, si nous n'avions dû reslrcimlre nos citations.
2. De son vrai nom, César-Antoine Colomb, père de M. Victor Colomb, le bibliophile bien connu du Dauphiné. Cet écrivain naquit à Die en 1814 et mourut à Valence le 9 janvier 1888. Successivement avucal au barreau de sa ville natale et négociant, il se délassa de ses
Adèle Souchier', Léon Hai-racand, Gustave Trolliet, Henri Second, Gustave iSivet, Louis Le Gardonnor-, André lUvoirc'*, Charles Vellay, Fabre des Essarts, Maurice Cliampavier, Zénou Fière, S. Joiiglard, Louis Ficre, Moricc Viel*, Béret, Jules Ronjat. etc., etc. Nous n'osons dire que nous en passons et des meilleurs.
Faut-il conclure? Ici le nombre exclut le génie. Beaucoup de rimailleurs, peu de poètes. En pourrait-il être autrement en «m lieu qui donna le jour à ces deux médiocrités notoires : Ponsard et Emile Augier? Seule la poésie dialectale est ici digne d'intérêt. Encore n'est-elle trop souvent qu'une faible imitation du provençal. Reste le domaine des patois. On sait que ces derniers agonisent. Rien ne nous donne à croire quune llamme jaillira d'un foyer éteint...
BiBi.iOGRAi'iiiE. — Guy Allard, Bibliothèque du Dauphiné, contenant les noms de ceux qui se sont distingués par leur sçavoir dans cette province, etc.; Grenoble, 1680, in-fol. (Voir aussi l'édiliun publiée par Gariel, Grenoble, 18(54). — J.-J. Champollion- Figcac, Nouvelles Recherches sui- les Patois ou Idiomes vulgaires de la France, et en particulier sur ceux du départ, de r Isère, Paris, Goujon, 1809, in-12. — Delacroix, Statistique du départent, de la JJronic, Paris, F. Didol. 1835, iu-4». — P. Colomb de Batines Essai bibliographique sur les dialectes vulgaires du Dauphiné, dans les « Mélanges biogr., bibliogr., hislor., littéraires du Dauphiné », Valence, 1837, I, p. 187-232; Catalogue des Dauphinois dignes de mémoire, I (A-J), Grenoble, 1840, Jn-8°. — Chaix, Préoccupations statistiques des Ilautcs-Alpcs, Grenoble, Allier,
travaux en collaborant aux pério(ii(|iics «le sa province. On lui doit quclr|ue9 poésies locaie<, entre autres une pièce sur le Château <!<• (JruRsol, pultliéc à Cireuoble, chez Drevcl, <'n 1S72, in-8".
1. De vieille famille dauphinoise. M'"" Adèle Sonchier est n^e ii Romans. Elle a fait paraiire jus(|u'à ce jour une série de recueils iiil6res!?anl la poésie locale. Citons parmi ces derniers : Les Hosrs du Dauphiné, Lyon, Nie. Schcuriii;;, |X7U,in-18; /irnnehes de JAlas, Paris, Lihr. de» Bihliopliile», 1874, in-12; L'fJiseau blessé, Paris, Blond, 1878. in-12. etc.
i. .\6 à Valence en i8(ii, M. Louis l.e CardonncI a <Ionné un volume de vers, /'o«'hi/,'« (Paris. Mercure île France, l'.ioi, in-8").
3. Né il Vienne (Im-ic) le .i mai 1872. On lui doit plusieurs recueils, Les Viet'{/es (Paris, l.cmerre, IS'.t.i, in-l8i ; llertiie aux f/rands pieds (ibld.. 18119. t»-\H) ; Le Simge de lAniuiir (ihid., llHiOet lUOt», in-18): A<' Chemin de i Oubli (il.id., 190i, inl8), etc.
i. Poète, romancier ci «Icssinaleur, M. .Moricc Vjel naijuil à Pingiron (l)rùnie) en I8.il. Il est actuellement liihiiolliécaire de la villr de Monlélimar. Il a fait paraître im (;rand nomlire d'ouvrages, parmi lcs<|uels on trouve (piel(|iies poésies locales, el un recueil de Iégen<lc8 dauphinoises. Au bord duJahon, Paris, Vainer, 1S75, in-B».
DAUPHINE J
18'*5, in-S". — J.-C.-F. I.adoiicpttc, Histoire, Topographie, Antiquités. Usages, Dialectes des Hautes-Alpes, S" éd. Paris, Gide, 1848, in-8». — Ad. Rochas : Biographie du Dauphinr, etc., Paris, Charavay, 1856-1860, 2 vol. in-8\ — Les Muses du Midi, 186:t, 18d-I8G5, Carcassonne, aux bureaux du Recueil, 186'i, 2 vol.j^r. in-B" (ouvrage très médiocre). — Léon Jacqiiemet, Bibliographie dauphinoise, Bull, de la Soc. archéol. de la Drôme, 1869, IV, p. 217-219. — Jules Saint-Remy (Victor Colomb), Les Poètes patois du Dauphiné, Valence, Cliencvier et Chavet, 1872, 1873, 2 br. in-8»: Petite Anthologie des poètes de la Drd/ne {{]n xvp siècle jusqu'à nos jours), Valence, Chêne vier et Chavet, 1875-1877, 3 broch. iu-S». — Au<^. Boissicr, Glossaire du Patois de Die, etc.. Valence, Chenevier et Chavet, 1874, in-S»; Les Poètes patois du Dauphiné, Valence, 1873, in-S». — Recueil de Poésies en patois du Dauphiné, co/npren. notamment Grenobln malheirou, Dialogo de le Quatro Coniare, etc., Introd., texte revu et trad. avec comment, par J. Lapaume, Grenoble, Xav. Drevet, 1878, in-8». — L. Moulier, Bibliogr. des dialectes dauphinois. Valence, 1885, in-8»; Cramni. dauphinoise, Jlontélimar. Rourran. 1882, in-8°. — Charbot el Rlanchet, Dictionnaire des patois du Dauphiné, Grenoble, 1885, in-8». — Chabrand et Rochas d'Aiorlun, Patois des Alpes Cotticnnes, 1887, in-8». — A. Devaux, Essai sur la langue vulgaire du Dauphiné scptentr. au moyen âge, etc., 1892, in-8<>. — D. Behrens, Bibliogr. des patois gallo-romans, 2» éd., Berlin, W. Gronau, 1893, in-8». — Terrebasse, Poésies dauphinoises du dix-septième siècle, Lyon, L. Brun, 1896, in-B» (Recueil très curieux de poésies satiriques). — G. Jourdanne, Histoire du Félibrige, I85'i-Î89G, Avignon, Roumanille, 1897, in-16. — Jules Rey, Quelques vieux Noels dauphinois, Grenoble, Gralier, 1898, in-4". — L. Roucoiran, Dictionn. analogique et étymol. des idiomes méridionaux , etc., Paris, 1898, in-8». — J. Rriin-Durand, Dictionnaire biographique et biblio-icorihgr. de la Drame, etc., Grenoble, Libr. Dauphinoise, 1900, 2 vol. in-8». — J. Tiersot, Chansons populaires recueillies dans les Alpes françaises (Savoie et Dauphiné), Grenoble, 1903, in-B». — Paul Mariéton, La Terre provençale, Paris, Soc. d'édit. littér. et artist., 1903, in-18. (Voir p. 60 à 80.) — A. Grimaud, La Race et le Terroir, Cahors, Petite Ribliolh. provinciale, 1904, in-18.
— J. Michelet, IS'otre France, 9» édit., Paris, Colin, 1907, in-8°.
— J.-J.-A. Pilot do Thorey, Usages, Fêtes et Coutumes existant ou ayant existé en Dauphiné, Grenoble, Xav. Drevet, s. d., 2 vol. in-12.
Voir en outre : Nicolas Chorier, Hist. génér. du Dauphiné, Grenoble, 1672; Rivoire de la Bâtie, Armoriai du Dauphiné, 1687 : A. Lacroix, Valence ancien et moderne; G. Azaïs. Dictionnaire des idiomes romans du midi de la France, 1877 ; Constant Henrion, Les Fleurs félibresques, 1883; Piat, Dictionn. français-
i^ccitanien, 1893-94; Vidal de la Blache, Tableau de la Gêogr. de la France, 3« édit., 1908: enfin, Album du Dauphiné, Grenoble, 1835; Revue du Dauphiné, années 1857 etsuiv.; La Cigale (1880); Armana Doufincn (1885-1886) : Revue des Alpes; Revue de Viennes- Petite Revue des bibliophiles dauphinois (1869-1874): Bulletin de la Société archéologique de la Drôme; V Alouette Dauphinoise, La Grande Revue (16 mars 1907): Bulletin de la Société d'Études des Hautes-Alpes; Annales Dauphinoises ; Le Dauphiné; Revue Dauphinoise, Prouvenço (Avignon), etc., etc.
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