A LA FLANDRE
J'aime tes grands prés verts, tes plaines de houblon, Tes vastes champs d'épis où courent les calandres, Et, par les beaux matins de brume, tes filandres Prenant dans leurs lacis l'herbe et le colza blond.
Surtout, j'aime tes soirs qui défaillent, ma Flandre,
Et tes bois sanglotants comme des violons
Aux appels répétés, si mornes et si longs,
Des cloches vers ton ciel de grisaille et de cendre.
Et ton pâle soleil qui meurt sur tes canaux,
Et ce vent qui, sans fin, pleure entre les roseaux
Son hymne de tristesse et de lente agonie.
Tes horizons d'automne éternel, doucement En mon âme ont versé leur langueur infinie, Un charme de souffrance et de recueillement.