Quelque chose (je ne sais quoi
J'sais aussi qu'dins les momints d'grève, Quand t'n'vos pu les carbonniers, Kl pain i t'manqu', même que fin ci-èves, Ti qu'té veux vivr' si volontiers !
Ali! j'tai remai-qué. Ces lend'mains d'iulte, In veyot comm' t'avos souffert, Tout' delianqué, t'tiot' panclie ù vute, Parfos mêm' les quat' patt' in l'air.
Mais n'parlons pus d'ces triss's affaires : Nous avons du pain à plaisi.
Nous brairons quand i s'ra temps d'braire, Viens faire Ffestin aujord'hui.
Approch', souris, m'bonn' petiot' biète, N'euch' point craint' : je n'té ferai rien, ïé vos : j'vas esqueute m'mallette Pour mi t'donncr des miettes d'pain.
[Croquis au charbon.)
LEON BOGQUET
(187fi)
M. Léon Bocqiiet est né le 11 août 18TG, diins un petit villajïo des environs de Lille, non loin de la Lys, à Marquillies. Il lit ses études aux Universités de Lille, fut licencié es lettres et se fixa pour quelques années dans cette ville. Il habite actuellement Paris et collabore aux journaux de sa province. En 1900, il fonda, avec MM. A. -M. Gossez et Edmond IJlanguernon, une petite revue. Le Beffroi, qui donna l'essor à une véritable renaissance poétique dont il fut un des initiateurs. Il a fait paraître une série d'ouvrages qui l'ont placé parmi les meilleurs écrivains de la Flandre : Les Sensations, poésies (Paris, Vanier, 1897, in-18); Un mariage manqué, conte (Paris, La Tradition, 1900, in-S"): Flandre, poème (Paris, Maison des Poètes, 1901, in-16): La Banale histoire, conte (Lille, édit. du Beffroi, 1902, in-18); L'Imagier Andhrè des Gâchons, étude (ibid., 1903, in-S"); Albert Samain, sa vie, son œuvre (Paris, Soc. du Mercure de France, 1905, in-18); Les Cygnes noirs, poèmes (ibid,, 1906, in-18).
A propos de la publication de Flandre, recueil de poésies magnifiant le terroir, M. Pierre Quillard écrivait dans sa chronique des poèmes du Mercure de France : « Les poètes du Nord seraient volontiers plus enclins à garder les traditions qu'à innover; ils célèbrent des gloires mortes, le souvenir d'opulences évanouies, de cavalcades et do pennons d'or : et ils s'essayent à dégager la beauté latente du monde douloureux qui peine dani lamine, l'usine, les fonderies; ils hésitent ainsi entre Rubens et Constantin Meunier; mais en tous leurs efforts ils se révèlent des artistes d'une probité et d'une conscience admirables, et M. Léon Bocquet décrit avec un scrupuleux amour les villes et les plaines natales, et sa pitié fraternelle s'émeut à la misère des hommes. » M. Léon Bocquet a collaboré à bon nombre de revues et de journaux : La Revue Encyclopédique, L'Ermitage, La Revue Franco-Allemande, Le Penseur, La Clavellina, L' Hémicycle, La Tradition, La Province, La Revue Bleue, La Revue Verlainienne, La Revue des Poètes, L'Effort, l'Echo du Nord, Le Mercure de France, Le Mois littéraire, La Grande Revue, etc.
Bibliographie. — Abbé C. Lecigne, Un Jeune Poète de chtz nous, Léon Bocquet, Arras-Paris, Sueur-Charruey, 1901, in-S". —
H. Potez, Un Recueil de poésies septentrionales, Journal de Douaî, 19 mai 1901. — M.-Th. Cussac, La Flandre et son Poète dernier venu, Le Progrès du Nord, 26 juill. 1901. —A. -M. Gossez, Poètes du Nord, Paris, Ollendorfr, 1902, in-18. — Georges Casella et Ernest Gaubert, La Nouvelle Littérature, Paris, Sansot, 190G, in-18.