LES BATEAUX
Ils sont venus de tout là-bas, des mers du Nord, Traînés parles chevaux à la forte encolure, Et des filles, l'air frais grisant leur chevelure, Poussaient le gouvernail de bâbord à tribord.
Les hommes sur la gaule appuyés au plat bord, Les petites maisons et les vertes toitures. Les volets blancs, les pots de fleurs et les boutures. Lentement ont passé d'un fort à l'autre fort.
Ils sont venus au long des chemins de halage D'un bourg à l'autre bourg, de village en village. Et d'écluse en écluse, aux canaux réguliers.
Ils dorment maintenant amarrés près des berges Sous l'ombre des ormeaux et des grands peupliers Où fume le repos tranquille des auberges.