L'USINE
Dans l'enchevêtrement multiple des courroies, Les longs arbres de couche alésés et brillants Tournent, le jour entier, sur des paliers brûlants Et meuvent les volants qui sifflent et giroient.
Les cardes à tambour, qui laminent leur proie, Ont leurs rouleaux couverts d'un léger duvet blanc. Et la bobine au banc étire, en l'enroulant, La laine qui, dans l'air, en flocons fins poudroie.
Et les fils, allongeant leurs délicats réseaux, S'envident peu à peu, sur les minces fuseaux : Et, devant le travail des robustes têtières,
Entraînant sans répit les broches dos métiers, Dans l'effluve énervant des fiévreux ateliers... Je songe aux vieux rouets des paisibles grand'mères !...