LE BEAU PAYSAN
Madam' l'hôtesse, est-il permis D'entrer dans votre auberge Et de s'y restaurer?
— Entre, entre, beau paysan, Mon mari est en campagne ;
Entre, entre, beau paysan, Mon mari n'est pas méchant.
- Madam' l'hôtesse, est-il permis
D'souper à votre table Et de s'y goberger?
— Soupe, soupe, beau paysan, Mon mari est en campagne;
Soupe, soupe, beau paysan, Mon niari n'est pas méchant.
- Madam' l'hôtesse est-il permii,
D'coucher dans votre auberge Et de s'y reposer?
— Couche, couche, beau paysan, Mon mari est en campagne;
Couche, couche, beau paysan.
Mon mai'i n'est pas méchant,
- Madam' l'hôtesse est-il permis
D'filer au point du jour
lie de leurs princes-évôques. Ils étaient dirigés par Pierre Pélignat, le Courgenay, qui fit preuve d'une grande intelligence politique et l'un admirable patriotisme. L'évoque, fort effrayé, s'adressa au roi de ■rance, et nos soldats éloufl'èrent l'insurrection. Pierre Pétignat tant allé demander du secours à l'Etat de Berne, fut pris à Bellelav , ison retour, et exécuté en place publique à Porrenlruy, le 31 octobre. 11 devait être tiré à quatre chevaux; mais l'évoque lui octroya la aveur d'élre décapité préalablement. A ses côtés moururent sur l'éohafaud Fridolin Lion, de Cœuve, et Jean-Pierre Riat, de Chevenez. Le corps de Pétignat fut écarlelé, et ses membres furent cloués à un poteau, à l'entrée du village rebelle, « pour l'exemple ». L'évèque s'appelait Jcan-Sigismond de Reinacli. Rentrés dans le devoir, les opprimés curent recours à leur arme habituelle, la chanson.
1. Ch. ]ic,a.uqmcT, Chansons popul. recueillies en Franche- Comté. Paris, E. Lechevalier, 1894, in-S».
Sans bourse délier?
— File, file, beau paysan, Mon mari est en campagne;
File, file, beau paysan, Mon mari n'est pas méchant.