‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 78 sur 284 · JEAN-LOUIS BIZOT · texte numérisé non relu

JEAN-LOUIS BIZOT

Le curieux poème dont on lira plus loin un court fragment 'St l'œuvre d'un Comtois du xviii« siècle, Jean-Louis Bizot, conseiller doyen du présidial de Besançon. « J.-L. Bizot — écrit ^L Alfred Vaissier — naquit à Besançon en 1702 et passa la plus jrande partie de sa vie à quelques pas du clocher de Jacqueoart, en son hôtel, rue de la Madeleine, 3, et rue de l'Ecole, 6. 1 mourut le 14 novembre 1781. Son père, dixième et dernier nfant d'unefamille de marchands, rue du Pont-de-Battant, était levenu procureur du roi en la maîtrise des eaux et forêts. ean-Louis, après avoir reçu une éducation complète, figura de >onne heure, en même temps que son père, au tableau des avoats du parlement; puis il acheta une charge de conseiller au tailliage, dont il remplit les fonctions avec beaucoup de zèlo t d'intégrité... » Respecté de tous, aimé de ses voisins pour on obligeance, il l'était aussi pour son intarissable gaieté, dit nçore Charles Weiss ; à ce titre, on peut le considérer comme m des plus distingués représentants de l'esprit gaulois dans a cité bisontine. Naturellement caustique, il composa, dans le )atois de sa région, dos chansons et des vers pleins de sel et le gaieté, mais qui ne sont pas exempts de mauvais goût. De outes les poésies si nombreuses qu'il a composées, les seules )onnes sont : L'Arrivée dans l'autre ninnile d'une dame habillée n panier, Besançon, C. Gobillot, 1735, in-S») et La Jacquemariade (Dole, J.-B. Tonnet, 1753, in-12), poème épi-comique où,

l'occasion du rétablissement du jacquemart de l'église de ?ainte-Madeleine, alors en pleine reconstruction, il a raillé asez plaisamment ses compatriotes. Plusieurs traits dirigés conre les principaux membres de l'Académie de Besançon, alors laissante, et la critique de quelques actes de l'autorité locale ui firent, dit-on, refuser la permission d'imprimer ce badinage. 1 consentit à supprimer les passages incriminés; mais en les établissant à la plume, dans un petit nombre d'exemplaires, l y joignit des explications beaucoup plus malignes que le exte. Ces exemplaires sont très rares. La Jacqucmardade a été éimprimée récemment avec tout un appareil critique, des notes

philologiques et historiques, par M. Alfred Vaissier, sous les auspices de la Société d'émulation du Doubs (Besançon, impr. Dodivers, 1901, in-S"), et la satire Les Paniers a fait l'objet d'une étude de littérature comparée, publiée par M. Arthur Rossât dans les Archives suisses des traditions populaires (Bàle, 1904). Voyez Les Paniers, poème en patois bisontin, traduit en patois jurassien par Ferdinand liaspieler, curé de Courroux, Dans ce dernier et savant travail, M. Rossât s'est plu à rechercher les analogies qui existent entre le texte de notre poète et celui des manuscrits d'un autre patoisant du Jura suisse sur le même objet.

Bibliographie. — Alfr. Vaissier, Notice sur J.-L. Bizot, édit. de La Jacquemardade, Besançon, 1901, in-8».

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