EDOUARD GRENIER
Edouard Grenier naquit le 20 juin 1819 et mourut le 5 décem- 0 1901, à Baume-les-Dames, dans une vieille maison où il a ccédé à trois générations des siens. Sa vie fut accidentée ainsi iB celle de ses compatriotes qui apprécièrent l'indépendance et rent le culte des arts. Apparenté par sa mère aux meilleures nilles de Besançon, il abandonna ses études de droit pour trer dans la carrière diplomatique. Nommé secrétaire d'amssade à Berne, après la révolution de Février, il se démit de 5 fonctions lors du coup d'Etat, ne voulant pas servir un ré- 316 méprisé. A-t-on remarqué déjà que la plupart des poètes nc-comtois se refuseront à accepter l'Empire? Comme )dier, et plus tard Max Buchon, Edouard Grenier connut les fueurs de l'exil. Il voyagea, visita tour à tour l'Allemagne, vUtriche, la Turquie et la Boumanie. C'est pendant son séjour 'étranger qu'il prit le goût des lettres. Nostalgique, pressé revoir les lieux où s'était écoulée son enfance, il revint en ance. Les épreuves de 1870, la mort de sa mère et celle de n frère, le peintre Jules Grenier, ne lui laissèrent pas de répit changèrent en amertume les joies du retour. Les ans le trourent résigné. Résidantl'hiveràParis, l'été à Baume-les-Dames, ns sa vieille demeure hospitalière quil a décrite amoureuseent, M le doux vieillard partagea la (in de son existence, si uellement éprouvée, entre les devoirs de l'amitié, le culte sté vivant en lui de la belle poésie et la pratique d'une lucide enfaisance ».
Il donna successivement des poèmes où perce son goût du terir: Primavcra (Paris, 1843, in-18); ïambes (Paris, 1852, in-18); : Mort du Juif errant (Paris, Hachette, 185", in-12); Petits Poè- 3S(Paris, Charpentier, 1859, in-18); Poèmes dramatiques (Paris, . Lévy, 1861, in-18); La Mort du président Lincoln, Paris, 1867, -\%);Amicis (Paris, Lemerre, 1868, in-18); Sèméia (ibid., 1870, -18); Marcel (Paris, Sandoz et Fischbacher, 1874, in-18); Heltia, etc. (ibid., 1877, in-18); Jacqueline Bonhomme (Paris^ achette, 1878, in-18); Francine (Paris, Lemerre, 1884, in-18); ayons d'hiver (Besançon, P. Jacquin, 1886, in-18); Penseroso
(ibid., 1886, in-18); Poèmes épars (ibid., 1889, in-18), etc.; ] un volume de Théâtre inédit (Paris, Leinerre, 1889,ia-18) et Souvenirs littéraires (ibid., 1894, io-lS).
Ses Poésies complètes, publiées d'abord par l'éditeur Charp lier en 1882 et en 1891, ont été réimprimées définitivement AI. Alphonse Lemerre de 1895 à 1902 (Voy. Œuvres d'Edou Grenier, 3 vol. in-l2). Là se trouvent de nobles pages rap lant, selon Jules Lemaître, les pures beautés d'André Chén et aussi de Lamartine, dont il fut dans sa jeunesse l'admirai et l'ami. Le doux souvenir du pays franc-comtois s'y affii vigoureusement; dans l'une de ses meilleures producti( Marcel, le poète place une fraîche et gracieuse idylle aux bo du Doubs; ailleurs il dit en termes élégants, faciles et tendi son impérissable amour pour sa chère province... Au lenden: de sa mort, on a tracé ce portrait vivant d'Edouard Greni. « Personne ne sut moins s'aider que lui; personne no fut me courtisan et moins intrigant. Il avait l'àmo singulièrement fn L'habitude de vivre sur les sommets de la pensée l'éloigi des petitesses et des combinaisons vulgaires. Il aurait eu h reur de la réclame, de tout ce qui ressemble à la manière a ricaiue de faire fortune... »
Bibliographie. — Jules Lemaître, Les Contemporains, I, ris, Lecèneet Oudin, 1885, in-18. — Gaston Deschamps, La et les Livres, V, Paris, Colin, 1900, in-18. — Charles «aille Poète E. Grenier, Paris, lypogr. Pion, 1902, in-8».