L'HOMME
Il naquit à Paris, le 21 avril 1771. Son père était secrétaire des commandements du duc de Penthièvre et du comte de Toulouse, Il n'eut pas à se louer de sa mère qui jolie, riche et mondaine, ne s'occupait pas du tout de lui. Dans son enfance, il fut victime d'un accident qui lui laissa toute sa vie le bras droit à peu près paralysé. Quoique l'aîné de la famille, il refusa de porter le nom de Charlevoix auquel il avait droit. « Il faisait, raconte M""* Lemercier, peu de cas de la noblesse qui n'est point historiquement très ancienne, continuellement illustrée, et sans mésalliance, ou bien acquise par de hauts faits de toute nature et soutenue de rares vertus. « Il passa deux ans au collège de Lisieux. Il en sortit pour ne pas ccder devant une punition qu'il jugeait injuste. Il apprit quelque temps le dessin avec Darid, dont il ne continua pas ù être l'élève, mais dont il resta toujours l'admirateur. Il se tourna vers les lettres, où il montra une dangereuse pn'cocité. A neuf ans ilcommença une comédie; à treize ans traduisit un récit d'Ovide et imita certains passages d'Young, Encouragé par Florian, alors gentilhnmme ordinaire du duc de Penthièvre, il lit représentei- \le J9 février 178^^
iginai, qui sera c roïque. Il refusa aussi de laisper imprimer sa pit'i;c, comme toutes celles qui procédèrent Agamciiinon. En avril 17'J2, son drame de L'kince Harlowe, quoique trùs faible, eut quelque succcs.
Mais bientût le drame est, non plus au théâtre, mais dans la rue. Il assiste en spectateur curieux et muet à presque toutes les sûances de la Convention. Son courage naturel lui fait cependant courir quelques dangers ; il est surveillé jiar le Comitù de Salut public. Il revient bientôt aux lettres. Il écrit le Lévite d'Eplim'îm, tragédie qui n'est rejirésentée qu'en 1706. Sous le Directoire, le T'irtiifc n't'i)((((iui(iMiV(', comédie politique, est interdit à la cinqniènn; rejirésentatiou. Enfm, il obtient un grand succès, et un succè.'* mérité, avec A-jimunnu'in (-M avril 17117). La pièce fut solennellement (:oiirinmi''e au Cliajup-dc-Mars, comme le meilleur ouvrage écrit di.-piii.s trenle ans. Il est à ce moment mclé i une société furt lilire n qu'il éloiine, nous dit-on, par ses audaces ». De cette époque datent la l'rtnlr,
Cbarlemaj/ne, tragC'die, dont Bonaparte voulait faire modifier le dénouement et dont la représentation n'eut lieu que bien plus tard; Isule et Orovèse (1803), tragédie, qui fut accueillie par les huées du public. ■ Je viens, de prQooiiicer le nom de Bonaparte, Ses relations avec Leniercier offrent un curieux exemple du despotisme de l'empereur et de l'indépendance de l'écrivain. Le général et l'écrivain se connaissaient depuis longtemps. Pendant quelques années, une vive aQiitié les lia l'un à l'autre. « Ses qualités subtiles et fortes m'avaient étonné, dit plus tard l'écrivain; sa supériorité naturelle m'avait attaché de cceur. » Cette ' affection était sincère de la part de Bonaparte, très désintéressée de la part du poète. C'est Lemercier qui décida Joséphine à épouser le vainqueur de Vendémiaire. Depuis il fut accueilli très familièrement à la Malmaison. On causait histoire ou politique; on parlait des derniers ouvrages de Lemercier. Les discussions étaient fréquentes. Les rapports s'aigrirent quand Napoléon commença à percer sous Bonaparte. Quand
(1) L* 1" germinal an VIII (U mars 1800).
pour vos qualités; je suis donc profondément affligé de ce qu'ayant pu vous placer dans l'histoire au rang des fondateurs, vous préfériez être imitateur. Mes sentiments particuliers plus que votre autorité me font, à dater de ce jour, une obligation de me taire. Les vef tus de la France parleront pour la 'liberté de siècle en siècle. Je fais passer i M. de Lacépf;de mon brevet de la Légion d'honneur, ne pouvant m'engager par serment à rien de plus qu'à me soumettre aux lois, quelles qu'elles soient, qu'adoptera mon pays. Mon dévouement pour lui ne cessera qu'avec ma vie. »
Désormais le poète se tint à l'écart. Une fois seulement, dans une réception aux Tuileries, Napoléon aperçut Leiïiercier et lui dit brusquement : s Eh bien I Leinercier, quand nous ferez-voua une belle tragédie? a 1 Sire, j'attends, ï lui répondit le poète. Or on était en lïSl2. Cette indépendance de l'écrivain, Victor Hugo l'a fait ressortir un termes lyriques : « Tout dans le continent s'inclinait devant Napoléon, tout excepté six
plaignit pas, ne saoaissa pas, ne supplia pas. un moi de lui à Napoléon aurait tout fait oublier: ce mot il ne voulut ni le prononcer, ni l'écrire. Il ne toucha qu'en 1813, grâce à M. Daru, l'indemnité à laquelle il avait droit. II se maria en 1810 avec M"= Edon, fille d'un notaire de Paris. Elu à l'Académie, en remplacement de Naigeon, il cemposa, sur les instances de l'ouché, une ode fort médiocre pour célébrer le mariage de l'Empereur et de Marie-Louise. Mais dans son discours il n'y eut pas un mot à l'adresse de Napoléon.
Le travail l'aidait à supporter ces persécutions. Pendant quelques annces il se plonge dans l'étude des sciences ; il fréquente Tlu'nard, Lagrange, Dupuy tren,
il) DiBCvum de rifcvplhin.
filantes. En 1810, l'auteur dramatique, le poète se fait professeur : il accepte de donner à l'Athénée des leçons sur la littérature française ; ces levons eurent un grand succès.
Sous la Restauration, lui républicain et voltairien, reste fidèle à ses convictions; il se tient à l'écart. Il fait représenter, sans grand succès, nombre de pièces que l'Empire avait arrêtées. Si l'auteur dramatique n'est pas toujours applaudi, l'homme est très estimé, très respecté. Il n'est pas ménagé par la critique : il avait été attaqué par les classiques; il était cependant l'adversaire des romantiques, e II traîne son beau talent, disait M. Ch. Magnin, dans l'ornière académique. » Ce fut en effet le malheur et le contresens perpétuel de sa vie littéraire : lui si indépendant, il s'asservit à des théories vieillies.
A partir de la Restauration il écrivit ou fit paraître plus de vingt poèmes ou comf':dLi!s.
Poèmes : la Mérovéide (lëiS), la Pnn/ij/pocrisiode {1819);
Tragédies : Chnrlcmagne (1816) ; Isniaël scène orientale, écrite en IHlJl, jouée en 1818; Chvin et la !><'meuce de Chartes VI 1,1820} ; Louis IX en Egypte {18-2 i); Ffédégonde et Brimehaut, la seule des tragédies de
que les comédiens lui aient refusé les Noces d'Attila et les Circassiens.
En politique, jusqu'au bout il resta un isolé. Il avait vu avec plaisir les journées de Juillet. Mais à la joie et à l'espérance succédèrent bientôt les désillusions, l'amertume et la colère. En 1821 il avait pleuré en apprenant la mort de Napoléon : il se souvenait de Bonaparte. Mais à la dernière séance de l'Institut, où il avait assisté, il avait £ait rejeter le sujet choisi pour concours de poésie : le Retour des cendres de Napoléon., Frappé de paralysie en sortant de cette séance, il mourut trois jours après, le 7 juin 1&40. Il fit inscrire sur son tombeau :
Il fut homme de bien et cultiva les lettres.
Il fut remplacé à l'Académie par Victor Hugo, à qui il avait toujours refusé sa voix.
Tel est l'homme : voyons l'écrivain.
valeur réelle d'Agamemnon (1707), pièce émouvante, bien conduite et bien écrite, la meilleure pièce imitée de l'antique qui ait été représentée depuis Mérope. Mais Ayamemnon est une heureuse exception dans la carrière dramatique de Lemercier, Dans ses autres tragédies, il a échoué par son trop de respect pour les modèles classiques, par son manque d'audace, d'originalité, de profondeur, d'imagination et de style. Il n'ose pas ou ne sait pas briser les entraves qui le gênent. Il impose le moule classique à des tableaux historiques, qui auraient eu besoin de plus d'espace. Il néglige l'action pour faire l'analyse morale d'un caractère. Aussi malgré quelques beaux passages, ses tragédies sontelles froides, inanimées, avec des conversations trop longues et trop peu dramatiques.
Cependant il avait eu l'heureuse idée de prendre des sujets nationaux-, t Les chefs-d'œuvre de nos maîtres, dit-il quelque part, ne nie laissaient à tenter autre chose dans la poésie dramatique que de l'appliquer aux faits et aux mœurs de notre pays comme les Grecs l'avaient appliquée aux traditions de leur patrie... Il ne restait plus que de la rendre nationale par la composition de ses sujets, et que de peindre, non les héros de l'histoire ancienne ou étrangère, mais ceux de la nôtre. » Cette tragcdie nationale ne sera pas seulement plus
ou à ta perte totale du pays, vendu par les factions à l'étranger ». Tous ces raisonnements peuvent être excellents, mais ne valent pas une bonne pièce. J'approuve fort sa tentative; mais pour renouveler la tragédie comme il le désirait, il lui aurait fallu à la fois un sens historique et un génie dramatique, qui lui faisaient également défaut. Il n'est pas pour la postérité l'auteur de Clovis on de Charles VI; il reste l'auteur d' Agamemnon, Cet homme, qui sentait en lui le désir d'innover, n'a écrit qu'une belle œuvre tragique, et c'est une imitation de l'antiquité.
Il a mieux réussi dans la comédie. Il est, dans ce genre, supérieur à tous ses contemporains. Là encore, il a trop écrit. Mais Plante oit la Comédie latine est un retour très heureux à l'antiquité; le Corrupteur présente une peinture assez vigoureuse des capitulations de la conscience. Enfin ici il a été vraiment novateur, et il a laissé un chef-d'œuvre, ce qui est rare dans la carrière d'un écrivain. L'innovation, c'est la comédie historique; le chef-d'œuvre, c'est Pmfo.
Voici comment naquit cette œuvre : « Dans un cercle de personnes amies de la littérature et des beauxarts, raconte-t-il lui-même, j'entendis affirmer que le Mariage de Figaro était la dernière innovation possible
créer de nouveau sans s'écarter défectueusement des règles de l'art. Quoique jeune encore, j'osai ra'élever contre le sentiment général et soutenir, contre la banalité de cette opinion, que l'imitation de la nature en tous ses modes était inépuisable, infinie. On me défia de prouver le système que j'avançais par une composition entièrement neuve. Poussé à bout, j'acceptai la gageure assez étourdiment, et m'engageai même à lire bientôt un ouvrage dramatique soit en prose ou en vers, fonné d'éléments encore inconnus au théâtre. » C'est à cette gageure que nous devons Pinto, écrit en vingt-deux jours. La comédie historique était une chose nouvelle au théfttre. L'auteur se rend très bien compte de la hardiesse de son innovation. ï La tragédie représente, conformément à sa beauté idéale, les vei'tus et les crimes des rois et des héros ; la comédie historique dépouille ces éminents personnages du faux appareil qui les couvre, et montre les grands en désJiabillé et, pour ainsi dire, mis à nu sous le fouet de la satire. »
Potlo ou la Journée d'une conspindicm rappelle un peu, il faut le reconnaître, la Folle Joimiée, de Beaumarchais. Pinto est un Figaro mêlé à des affaires plus graves. Il s'agit < d'un secrétaire qui donne un royaume à son maître ( l) et non d'un barbier qui
que lui. L'exécution est ici à la hauteur de l'invention ;le style n'a pas vieilli. La prose a porté bonheur à Lemercier (2).
11 réussit moins bien dans deus autres comédies historiques qu'il écrivit plus tard : l'Ostracisme, où il racontait une journée d'AIcihiade, et Richelieu, où il mettait en scène la Journée des Dupes, De la comédie historique il s'acheminait même vers le drame historique avec Christophe Colomb, qu'il intitulait Comédie shakespearienne, et où il ne gardait que l'unité d'action.
N'importe, il avait fait un chef-d'œuvre, et un chefd'œuvre dans un genre nouveau et singulièrement intéressant : c'est à ce genre, en effet, qu'appartiennent quelques-unes des meilleures pièces jouées au xix« siècle:
(1) Cinq actes, en prose. La piùco n'avait pas oléjouced«puia 183-1. Elle a ôlé repi-ise dn'niërement (le 19 mirs 1S96) à l'Odiïoa avc(r un trt'a vif succi-s duvant un public étonn6 et ravi.
(2) Ajoutons que Lemercier a, pris l'intrigue et la plupart des personnajfcs de sa pièce dans un outrage historique IrËs bien écrit vl fort intêrcss,inl de Tabbé ■\"ertot (165â-I735), l'Histoire de la ciinjuration de Portugal (1G8DJ, omTage qui devint, avec do nombreuses iiiudification^ VHUloire de» Réeolution* de
poi-t«oai iniil-
.iiqiiu lie lui suiimaiL pas. fiiutisupiio tii savant, il a voulu développer ses idées sur l'univers et sur l'humanity dans des poèmes dont quelques-uns sont étranges et touchent au sublime. Je ne citerai et n'examinerai que les plus importants: Moijae (1800, publié seulement en 1823), Homère et Alexandre (1801), l AOantiade (1812), la Panhypocrisiade (1819 1- Il croit que le poète doit apporter une instruction précise à ses contemporains, a II s'est ('pris de la poésie didactique et il s'est efforcé d'en pénétrer l'objet et d'en peser les avantages. « Or, « la législation, l'art de la guerre, la poésie, source des beaux-arts, et les sciences physiques, sont les quatre principes de ce que nous nommons les grandeurs de rintelligence humaine. » L'auteur s'est appliqué «à les représenter chacun dans quatre poèmes spécialement consacrés à peindre Moyse, Alexandre, Homère et Newton, qui, par leur incontestable supériorité, marchent en tète des différents gi''nies dans leurs propres caractères, et il a exposé sous leurs traits un tableau complet des facultés de l'entendement humain, qu'ils ont si hautement mani-
plus de passion dans l'ùine pour animer de pareils sujets. Que! but en effet poursuit-il dans l'Atlantiade? 11 veut exposer les lois de l'univers «à l'aide de fictions amusantes >; il veut établir «des dogmes nouveaux et diviniser les principes fondamentaux que Newton a posés». 1! crée une mythologie nouvelle: Théose, le principe de la création, Psycholie, l'âme universelle, Syngénie, la force de cohésion entre les différentes molécules, etc. Veut-on connaître le sujet du poème? Le voici :
« Le i" chant contient la théorie de la gravitation universelle; le 2°, la théorie des marées et du système planétaire; le 3', la théorie de la lumière; le 4', l'acoustique, la minéralogie ; le 5', les affections morales et physiques de l'âme et du corps : le 6°, la théorie des volcans, la boussole, et enfin le tableau de l'existence la plus naturelle de l'homme, né pour aimer et pour se reproduire, ainsi que tous les êtresanimés». Une encyclopédie mise en vers ! Voilà comment on entendait la poésie didactique à cette époque.
Heureusement, le poète reparaît dans ia Panhypocrisiade ou la Comédie infernale dii XVI' siècle. Ici nous sommes en présence d'une œuvre étrange, mais grandiose, du poème certainement le plus extraordinaire qu'il y ait dans la littérature française. L'auteur suppose qu'un spectacle bizarre et monstrueux est re-
uinère satire sur le siècle de Charles-Quint. On voit déliler successivement Bonnivet, le connétable de Bourbon, François I" et Charles-Quint, opposO'S l'un à l'autre, Luther et le Pape. La morale, c'est que tout dans ce monde n'est que comédie, politique, hypocrisie. Rabelais, dans un miroir magique, présente tous les autres liy[»ocritos du siècle, Grippcuiiiiauds ou Papiniaues. A cotA des iicrsorniages rérls, nous voyons des personnages aliogoriqnes : la l'cur, la Honte, la Politique, le Cliairrin, rili'Trsie, la Xuit, le Lendemain. Après la mort de Cliarlcs-Quint, «le parterre infernal se divise en deux jiartis, l'un contre Mimopesle (1 ), auteur de la pièce, l'autre eu sa laveur. Le théâtre, détruit. par l'anarclne, s'iVroule enfin dans l'abîme. »
ili CV-il-ri-dii-o fal.il aii.'i miiîira. I/; piii'ii' slippoMO, en clïri,
excepté l'Espérance, la Foi et l'Amour. Le poète ne trouve nulle part la vraie grandeur, ni la vertu ni l'honneur; mais partout il voit l'hypocrisie et le crime. Deux hommes seulement trouvent grâce devant lui; le sage Agathémi qui vit dans la retraite, loin du monde, et qui ressemble à l'auteur ; le valeureux Doria, qui n'a pas voulu asservir sa patrie, s'est contenté de la sauver, et qui ressemble à -Bonaparte avant l'Empire.
Il y a dans cette œuvre un vrai souffle romantique ; elle ne ressemble pas en tout cas à une poésie classique ; il y a de la satire et de la philosophie ; il y a du d'Aubigné, du Shakespeare, du Milton, avec un souvenir persistant des allégories du moyen âge « L'homme donné par Dieu en spectacle aux démons », quelle idée fantastique I Et comment apprécier une œuvre qui, suivant l'expression de V. Hugo, est «tout ensemble i;popée, comédie et satire, sorte de chimère littéraire, espèce de monstre à trois têtes qui chante, qui rit, et qui aboie?» Pour trouver des poèmes qui offrent avec celui de Lemercier quelques points de comparaison, il faut songer à la Divine Comédie du Dante, au Faust de Goethe, à l'Ahasvérus, de Quinet, h la Chute d'uii ange de Lamartine, à la Légende des siècles de V. Hugo..
( mensG spirale ae ton enler: ils De sont que l'allêgo- " rie des horribles réalités de la vie humaine ; ni dans ■ les circuits de ton purgatoire: ils ne figurent que le « labyrinthe où nous égarent nos erreurs passionnées, « avant que nous arrivions au repos ; ni dans les limbes " (le ton paradis, tableau poétique d'une béatitude et a d'une gloire que tes rêves nous ont tracées. Je t'adresse « donc cet écrit dans ces régions inconnues, séjour a ouvert par l'immortalité aux âmes sublimes d' Ho mèi'e, » de Lucrèce, de Virgile, d'Arioste, de Camoëns, du • Tasse, de Milton, de Klopstock et de Voltaire. Une » messagère ailée; l'Imagination, te le portera dans ( l'espace où tu planer avec eux. »
La Panhypocrisiaile publiée en 1810 comprenait seize chants et visait le xvi° siècle ; en 1S32 l'auteur (it paraître quatre cliants nouveaux qui eurent pour sous-titre i Le Spectacle inf(fmal du dix-iwuricinc siècle. La satire est violente, touche à des événements contemporains, attaque les excès de la Convention, l'Ein- ]>ire et la Sainte- Alliance. « Au grand drame i-eprésenté devant les principaux démons, siu- le pifiinier théâtre de leur cour, succètle une coméilie facétieuse et all(''gorique du genre d'Ailstop liane, jouée sur mi théiitre inférieur, devant la populace de l'enfer. Cetlo j»èc« est une allusion à ta démagogie et au despotisme ré\'olu-
du tant (le braves dont il a prodigué le sang si priJcicux à la ])atrie. Je satirise les odieuses menées du clergé, dont la longanimité conspiratrice s'enlace dans tous les parti.s, afin de se les soumettre ou de lus perdre tous les uns par les autres. Je satirise surtout la prétendue S;iinte-Alliance, monstruosité de notre xix' siècle, d(?spotiquc ligue formée contre la liberté des peuples, au profit des tyrannies héréditaires, Enlin mon ouvrage entier est une protestation contre toutes les sujétions imjiosées et consacn':es par le mensonge.»