‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 100 sur 393 · V. HUGO · texte numérisé non relu

V. HUGO

Rendre la victoire incertaine Amoureuse de vos clairons, Briser toutes portes fermées, Dépasser toutes renommées, Donner pour astre à des armées L'étoile de vos éperons !

Dieu garde la durée et vous laisse l'espace ; Vous pouvez sur la terre avoir toute la place ; Être aussi grand qu'un front peut l'être sous le ciel ; Sire, vous pouvez prendre, à votre fantaisie, L'Europe à Charlemagne, à Mahomet l'Asie ; — Mais tu 1 ne prendras pas demain à l'Éternel !

O revers ! ô leçon ! — Quand l'enfant de cet homme Eut reçu pour hochet la couronne de Rome ; Lorsqu'on l'eut revêtu d'un nom qui retentit ; Lorsqu'on eut bien montré son front royal qui tremble Au peuple émerveillé qu'on puisse tout ensemble Être si grand et si petit ;

Quand son père eut pour lui gagné bien des batailles ; Lorsqu'il eut épaissi de vivantes murailles Autour du nouveau-né riant sur son chevet; Quand ce grand ouvrier, qui savait comme on fondt, Eut, à coups de cognée, à peu près fait le monde Selon le songe qu'il rêvait ;

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Quand tout fut préparé par les mains paternelles, Pour doter l'humble enfant de splendeurs éternelles • Lorsqu'on eut de sa vie assuré les relais ; Quand, pour loger un jour ce maître héréditaire, On eut enraciné bien avant dans la terre Les pieds de marbre des palais ;

Lorsqu'on eut pour sa soif posé devant la France Un vase tout rempli du vin de l'espérance. . . . Avant qu'il eût goûté de ce poison doré, Avant que de sa lèvre il eût touché la coupe, Un Cosaque survint qui prit l'enfant en croupe Et l'emporta tout effaré !

Oui, l'aigle un soir planait aux voûtes éternelles, Lorsqu'un grand coup de vent lui cassa les deux ailes ; Sa chute fit dans l'air un foudroyant sillon ; Tous alors sur son nid fondirent pleins de joie ; Chacun selon ses dents se partagea la proie ; L'Angleterre prit l'aigle, et l'Autriche l'aiglon 1 !

Vous savez ce qu'on fit du géant historique.

Pendant six ans on vit, loin derrière l'Afrique,

Sous le verrou des rois prudents, — Oh ! n'exilons personne ! oh ! l'exil est impie ! — Cette grande figure en sa cage accroupie,

Ployée, et les genoux aux dents !

1. L'ANGLETERRE PRIT L'AIGLE ET L'AUTRICHE L'AIGLON, England Sont Napoléon t«

St. Helena and Austria kept his son a prisoner in Vienna.

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