‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 122 sur 393 · A MON AMI V. H. ( VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

A MON AMI V. H. ( VICTOR HUGO

Entends-tu ce long bruit doux comme une harmonie, Ce cri qu'à l'univers arrache le génie Trop longtemps combattu,

146 tKS PORTES FRANÇAIS.

Cri tout d'un coup sorti de la foule muette, Et qui porte à la gloire un nom de grand poète, Noble ami, V entends-tu ?

Comme, un matin d'automne, on voit les hirondelles Accourir en volant au rendez-vous fidèles,

Et sonner le départ ; f pelle,

Aux champs, sur un vieux mur, près de quelque cha- On s'assemble, et la voix des premières appelle

Celles qui viennent tard.

Mais si, non loin de là, quelque jeune imprudente, Qui va rasant le sol de son aile pendante,

S'est prise dans la glu, Captive, elle entend tout : en 1 bruyante assemblée On parle du voyage, et la marche est réglée

Et le départ conclu ;

On s'envole ; 6 douleur ! adieu, plage fleurie,

Adieu, printemps naissant de cette autre patrie

Si belle en notre hiver !

Il faut rester, subir la saison de détresse,

Et l'enfant sans pitié qui frappe et qui caresse,

Et la cage de fer.

[frère, C'est mon emblème, ami;... mais si, comme un bon

Du sein de ta splendeur à mon destin contraire^

Tu veux bien compatir ;

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