‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 127 sur 393 · Le Hun, the German · texte numérisé non relu

Le Hun, the German

2 L'homme du Nord, The Russians and the German».

SARBÎER. 15 f

O Corseï à cheveux plats, que la France était belle

Au grand soleil de messidor !

C'était une cavale 2 indomptable et rebelle,

Sans frein d'acier ni rênes d'or ; Une jument sauvage à la croupe rustique,

Fumante encor du sang des rois, Mais fière, et d'un pied libre heurtant le sol antique

Libre pour la première fois ; Jamais aucune main n'avait passé sur elle

Pour la flétrir et l'outrager; Jamais ses larges flancs n'avaient porté la selle

Et le harnais de l'étranger ; Tout son poil était vierge, et, belle vagabonde,

L'œil haut, la croupe en mouvement, Sur ses jarrets dressée, elle effrayait le monde

Du bruit de son hennissement.

Tu parus, et sitôt que tu vis son allure,

Ses reins si souples et dispos, Centaure impétueux, tu pris sa chevelure,

Tu montas botté sur son dos.

Alors, comme elle aimait le9 rumeurs de la guerre,

La poudre et les tambours battants, Pour champs de course, alors, tu lui donnas la terre.

Et des combats pour passe-temps ;

1. Corsb, Napoléon ; ha wasborn In Ajaccio, Corsica. % Câvalk France is hère likened to a war Kteed.

Alors, plus de repos, plus de nuits, plus de sommes,

Toujours l'air, toujours le travail, Toujours comme du sable écraser des corps d'hommes,

Toujours du sang jusqu'au poitrail ; Quinze ans, son dur sabot dans sa course rapide

Broya des générations ; Quinze ans, elle passa fumante, à toute bride,

Sur le ventre des nations.

Enfin, lasse d'aller, sans finir sa carrière,

D'aller, sans user* son chemin, De pétrir l'univers, et comme une poussière,

De soulever le genre humain :

l<es jarrets épuisés, haletante et sans force, ;

Prête à fléchir à chaque pas, Elle demanda grâce à son cavalier corse ;

Mais, bourreau, tu n'écoutas pas !

Tu la pressas plus fort de ta cuisse nerveuse,

Pour étouffer ses cris ardents, Tu retournas le mors dans sa bouche baveuse,

De fureur, tu brisas ses dents, Elle se releva ; mais un jour de bataille, 2

Ne pouvant plus mordre ses freins, Mourante, elle tomba sur un lit de mitraille,

Et du coup te cassa les reins.

1. Sans user, lit. wlthout Wearing ôut, i. 6. toithout reachlng the ènd.

2. Un jour de bataille, Waterloo on June 18th 1816 when Napoléon Waëdefeftttd by the combined amies of Europe . . , .

BRIZBU*. Ï53

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