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Et dut lb froid, and flhould the cold weather

LEctouvE. 159

Mais il peut réchauffer s'il ne peut pas nourrir,

Et m' étendant sur eux, sur eux je veux mourir,

Pour les défendre encor à cet instant suprême,

Et leur faire un abri de ma dépouille même.

— Ma fille, tu fais bien. J'eusse été dans ces lieux

Vaillante comme toi, pour toi faible comme eux ;

Reste donc ! Mes petits m'attendent sous le frêne ;

Le devoir qui t'arrête est celui qui m'entraîne ;

Il faut nous séparer, il le faut. Que ce lieu*

Te soit hospitalier !... Adieu, ma fille.

— Adieu. "

Je n'entendis plus rien. Puis un battement d'aile

M'annonça le départ de la mère hirondelle ;

Puis un faible soupir. Et moi je dis tout bas :

" Ne crains rien, doux oiseau, tu ne périras pas ;

Chaque jour, par mes soins, une ample nourriture

Ira chercher la mère et sa progéniture ;

Élevée entre nous, une épaisse cloison,

Des vapeurs du foyer détournant le poison,

Ne laissera monter jusqu'à ton nid paisible

Que la douce chaleur d'une flamme invisible ;

Et, je le sens, mon cœur d'émotion battra

Quand, au printemps, ta mère en ces lieux accourra,

Te trouvera vivante, et que, sans l'oser croire,

De tes jours préservés tu lui diras l'histoire. "

Ernest Lkgouvé.

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