‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 150 sur 393 · LA NUIT DE MAL · texte numérisé non relu

LA NUIT DE MAL

I*A MUSE-

Poète, prends ton luth et me donne 1 un baiser; Ifr fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore. I^e printemps naît ce soir ; les vents vont s'embraser, Et la bergeronnette, en attendant P aurore, Aux premiers buissons verts commence à se poser. Poète, prends ton luth et me donne un baiser.

Comme il fait noir dans la vallée !

J'ai cru qu'une forme voilée Flottait là-bas sur la forêt.

Elle sortait de la prairie ; Son pied rasait Pherbe fleurie :

C'est une étrange rêverie ; Elle s'efface et disparaît. .

1. Ma donkb, note thia comtractlon which hu often beon used by Mollir*, wf uraally aaj donne-moi.

îji ttfS POÈTES *RAN£AÏS.

I<A MUSE-

Poète, prends ton luth ; la nuit, sur la pelouse» Balance le zéphyr dans son voile odorant.

La rose, vierge encor, se referme jalouse Sur le frelon nacré qu'elle enivre en mourant Écoute ! tout se tait ; songe à ta bien-aimée. Ce soir, sous les tilleuls, à la sombre ramée* Le rayon du couchant laisse un adieu plus doux. Ce soir, tout va fleurir : l'immortelle nature Se remplit de parfums, d'amour et de murmure.

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