ALFRED DE MUSSET
De Musset (Alfred) naquit à Paris en 1810.
Il appartenait à une famille de littérateurs et n'eut qu'à suivre la voie qui lui avait été tracée par son père. Son frère Paul et lui s'essayèrent très jeunes à écrire, mais, quoique son aîné ne fût pas dénué de talent, c'est à Alfred qu'appartient la gloire d'avoir immortalisé le nom de la famille.
C'est peu après sa sortie du collège, où il n'avait, du reste, fait que des études médiocres, qu'il débuta dans l'arène littéraire, et ses " Contes d'Espagne et d'Italie " qui parurent en 1830 attirèrent immédiatement sur lui l'attention du public.
C'est en tête de ce premier recueil que se trouvent les lignes suivantes qui sont tout en même temps une apologie pour les mauvais vers qui s'y peuvent trouver et une explication des circonstances qui l'ont produit :
" Ce livre est toute ma jeunesse :
Je l'ai fait sans presque y songer.
Il y paraît, je le confesse, Et j'aurais pu le corriger..
Mes premiers vers sont d'un enfant,
Les seconds d'un adolescent,
Les derniers à peine d'un homme."
A partir de ce moment les œuvres du poète se succédèrent assez rapidement et il nous donna différents poèmes comme : " Octave ", " Rafaël " en 1833, " Rolla " en 1835, " Les Nuits ", " La Lettre à Lamartine ", " L'Espoir en Dieu ", " Les Stances à la Malibran " et beaucoup d'autres qui furent réunis en un volume intitulé : " Poésies Nouvelles ". En prose il a écrit " La Confession d'un Enfant du Siècle " (1836) qui n'est autre chose qu'une autobiographie. Il faut également citer "Frédéric et Bernerette" et "Le Merle blanc", deux contes réellement charmants. Au théâtre il a donné un assez grand nombre de petites comédies qui sont de véritables bijoux littéraires^
citons: "Un Caprice", "Le Chandelier", "Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée ", etc., etc.
Comme poète, A. de Musset a sa place toute marquée parmi les grands écrivains. Il est, si nous pouvons nous exprimer ainsi, l'un des trois angles d'un grand triangle poétique formé par V. Hugo, Lamartine et lui. Son style est brillant et pur, mordant quelquefois, inimitable toujours.
Il était membre de l'Académie française et mourut en 1857.