‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 159 sur 393 · I,A VISION · texte numérisé non relu

I,A VISION

— Ami, notre père est le tien.

Je ne suis ni l'ange gardien,

Ni le mauvais destin des hommes.

Ceux que j'aime, je ne sais pas De quel côté s'en vont leurs pas Sur ce peu de fange où nous sommes.*

Je ne suis ni dieu ni démon, Et tu m'as nommé par mon nom Quand tu m'as appelé ton frère ; Où tu vas, j'y serai toujours, Jusques au dernier de tes jours, Où j'irai m' asseoir sur ta pierre.

Le ciel m'a confié ton cœur.

Quand tu seras dans la douleur, Viens à moi sans inquiétude, Je te suivrai sur le chemin ; Mais je ne puis toucher ta main ; Ami, je suis la Solitude.

Novembre 1835.

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