‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 164 sur 393 · IMMORTALITÉ · texte numérisé non relu

IMMORTALITÉ

Créature d'un jour qui t'agites une heure, De quoi viens-tu te plaindre et qui te fait gémir ? Ton âme t'inquiète, et tu crois qu'elle pleure : Ton âme est immortelle, et tes pleurs vont tarir.

Tu te sens le cœur pris d'un caprice de femme, Et tu dis qu'il se brise à force 1 de souffrir. Tu demandes à Dieu de soulager ton âme :

Ton âme est immortelle, et ton cœur va guérir.

I^e regret d'un instant te trouble et te dévore ; Tu dis que le passé te voile l'avenir. /

Ne te plains pas d'hier ; laisse venir l'aurore : 2 Ton âme est immortelle, et le temps va s'enfuir.

Ton corps est abattu du mal de ta pensée ; Tu sens ton front peser et tes genoux fléchir. Tombe, agenouille- toi, créature insensée :

Ton âme est immortelle, et la mort va venir.

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