‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 165 sur 393 · INVOCATION · texte numérisé non relu

INVOCATION

O toi que nul n'a pu connaître, Et n'a renié sans mentir, Réponds-moi, toi qui m'as fait naître, Et demain me feras mourir.

Puisque tu te laisses comprendre, Pourquoi fais- tu douter de toi ?

Quel triste plaisir peux-tu prendre A tenter notre bonne foi ?

Dès que 2 l'homme lève la tête, II croit t' entrevoir dans les cieux ; La création, sa conquête, N'est qu'un vaste temple à ses yeux.

ÀtFRED t>E MUSSET. Î95

ml* .

Quand j'ai connu la Vérité,

J'ai cru que c'était une amie ; \

Quand je l'ai comprise et sentie,

J'en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle, Et ceux qui se sont passés* d'elle Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde; Le seul bien qui me reste au monde Est d'avoir quelquefois pleuré.

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