‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 172 sur 393 · PSYCHÉ · texte numérisé non relu

PSYCHÉ

Le matin rougissant, dans sa fraîcheur première, Change les pleurs de l'aube 1 en gouttes de lumière, Et la forêt joyeuse, au bruit des flots chanteurs, Exhale, à son réveil, ses humides senteurs.

I,a terre est vierge encor, mais déjà dévoilée, Et sourit au soleil sous la brume envolée.

Entre les fleurs, Psyché, 2 dormant au bord de l'eau,

S'anime, ouvre les yeux à ce monde nouveau ;

Et, baigné 3 des vapeurs d'un sommeil qui s'achève,

Son regard luit pourtant comme après un doux rêve,

I^a terre avec amour porte la blonde enfant ;

Des rameaux, par la brise agités doucement,

I> murmure et l'odeur s'épanchent sur sa couche ;

I*e jour pose, en naissant, un rayon sur sa bouche.

D'une main supportant son corps demi-penché,

Rejetant de son front ses longs cheveux, Psyché

Écarte l'herbe haute et les fleurs autour d'elle,

Respire, et sent la vie, et voit la terre belle ;

Et, blanche, se dressant dans sa robe aux longs plis,

Hors du gazon touffu monte comme un grand lis. I>s arômes, les bruits et les clartés naissantes, I^es émanations de partout jaillissantes, Ont envahi son âme, ébranlée un moment ; Et devant la nature, elle hésite en l'aimant.

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