L. ACKKRMANN. 20Ç
Toujours 1 Un mot hardi que les cieux qui vieillissent Avec étonnement entendent prononcer, Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.
Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse Qu'un élan d'espérance arrache à votre cœur, Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse
D'un instant de bonheur?
Amants, autour de vous une voix inflexible Crie à tout ce qui naît : " Aime, et meurs ici-bas ! " La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n'échapperez pas.
Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure, Forts de ce même amour dont vous vous enivrez Et perdus dans le sein de l'immense Nature,
Aimez donc, et mourez !
AN AÏS SÉOALAS.
Madame Anaïs Ségalas, née Anaïs Ménard, naquit en 1814. Elle a un talent facile, élégant et pur, et dans toutes ses compositions sa morale se trouve à l'abri de tout reproche.
Elle a publié : •' Les Algériennes " en 1831, " Les Oiseaux de Passage" en 1836, "Enfantines" en 1844, "La Femme" en 1847, " Nos Bons Parisiens " et " Poésies pour tous ".