OMBRE ET LUMIÈRE
La vie est ce ruisseau que Ton voit à sa source, Mince filet d'argent, babiller dans la mousse, Puis grossir, puis enfler son cours trop vite accru, Puis devenir torrent avec rage accouru, Puis fleuve immense et fort, traînant parmi les herbes, Sa tunique éclatante et ses ondes superbes, Puis décroître, et bientôt, rétrécissant son lit, A son vêtement bleu retirer plus d'un pli, Paire taire son flot qui chantait dans les saules, Laisser plus d'un poisson à sec sur ses épaules, 9 S'enfoncer dans le sable et disparaître aux yeux, Comme une étoile d'or filant au front des deux.