‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 208 sur 393 · Charles, tUe son of A. Vacquerie · texte numérisé non relu

Charles, tUe son of A. Vacquerie

2^6 t&S POÈTKS FRANÇAIS.

De leur Avril, à l'âge où l'âme ouvre son aile, Marié pour toujours au plus grand la plus belle, La meilleure au meilleur !

C'est à mon Villequier 1 qu'il t'avait destinée ! Oh ! comme le printemps sera beau cette année !

Comme, sous ton regard, Tout va fleurir autour de la douce demeure !

Et comme l'hirondelle accourra de bonne heure

Et nous quittera tard !

Oh ! le jardin, le parc, la colline, la plaine,

Les sentiers, les oiseaux dont la feuillée est pleine,

Comme ils t'attendent tous !

Avec quelque fierté d'être à jamais ton hôte Le bois va dire au fleuve et la rive à la côte :

" Sais-tu qu'elle est à nous ? "

Comme ils seront tous fiers de leur jeune maîtresse ! Comme le fleuve va vous inviter sans cesse

Aux courses en bateau, Et, quand il le tiendra, de quelle lèvre tendre Il baisera la main que tu laisseras pendre

Dans la fraîcheur de l'eau !

Arrive, et tu vas voir quelle reconnaissance? Car tu vivais ici 2 dans la magnificence Des fêtes de l'esprit ;

1. Villequikr, a country place, the property of A. Vacquerie, and near wjilçh tîja newly married people were Doxh drowned flve montas later. 1. Ici. refera to Paris.

A. VACQtflîRie. 237

Paris est plus Paris pour toi que pour une autre ; L,a maison qu'aujourd'hui tu quittes pour la nôtre Est celle dont s'éprit

L'art souverain, 1 par qui tout s'éternise; celle Où ce grand conducteur 2 de l'âme universelle

Allume son flambeau ; C'est la maison élue où, criant d'allégresse, Il rapporte, pareil aux demi-dieux de Grèce,

La toison d'or3 du beau !

Cette maison, et tout avec elle, bals, fêtes, Bruit, serrement des mains illustres des poètes,

Théâtres éclatants, L'orgueil d'entendre dire en passant ! <: C'est sa fille ! " Et, partout où tu vas, de voir ton nom qui brille*

Aux yeux des assistants,

Paris pour te garder t'offrait toutes ces choses, Et, dans le flamboiement de ces apothéoses,

Dans l'éternel plein jour, Entre ce fier Paris, parrain de ton baptême, Qui t'acclame et t'admire, et Villequier qui t'aime,

Tu préfères l'amour !

.1 L'ART souverain, ls Bubject of s'éprit in the precedlng verse. 1. Cb grand conducteur, refera to Y. Hugo.

S. Toisox d'or, Eng. : Golden Fleece, wat» taken by tho Argon auts, the dragon that kept it having been put to sleep by àiede*»

Va, ne regrette rien, — que ton père et ta mère. Va, la splendeur du nom est la grande chimère,

Mais la réalité C'est l'amour ! Et d'ailleurs, jeune astre qui te voiles, Les plus divins rayons du ciel, ceux des étoiles,

Sont faits d'obscurité.

B. AUGIBR.

Augier (Emile), Pauteur si connu des " Effrontés ", de " Philiberte ", de " L'Aventurière ", du " Gendre de Monsieur Poirier" et de beaucoup d'autres comédies impérissables, naquit à Valence en 1820.

Il appartient au monde des poètes par un petit volume intitulé "Les Pariétaires" dont nous extrayons une charmante pièce intitulée "Octobre".

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