‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 244 sur 393 · Le lit frels, cradle · texte numérisé non relu

Le lit frels, cradle

Vous serez le grand vase* où la fermière alerte Fait bondir le froment qu'ont battu les fléaux, 2 Tandis qu'à ses côtés des bandes de moineaux Se disputent les grains dont la terre est couverte.

Brins d'osier, brins d'osier, Courbez- vous assouplis sous les doigts du vannier.

Lorsque s'empourpreront les vignes à l'automne, Lorsque les vendangeurs descendront des coteaux, Brins d'osier, vous lierez les cercles des tonneaux Où le vin doux rougit les douves et bouillonne.

Brins d'osier, brins d'osier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier.

Brins d'osier, vous serez la cage où l'oiseau chante, Et la nasse perfide au milieu des roseaux Où la truite qui monte et file entre deux eaux S'enfonce, et tout à coup se débat frémissante.

Brins d'osier, brins d'osier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier.

Et vous serez aussi, brins d'osier, l'humble claie Où, quand le vieux vannier tombe et meurt, on l'étend, Tout prêt pour le cercueil. Son convoi se répand, Le soir, dans les sentiers où verdit l'oseraie.

Brins d'osier, brins d'osier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier.

1. La grand VA8K, the fan on which the farmer winnows th« wheat. f. Flbaux, flails.

À. ï<HEUfcïE#. 269

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