‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 258 sur 393 · LA VOIE LACTÉE · texte numérisé non relu

LA VOIE LACTÉE

Aux étoiles j'ai dit un soir : ' Vous ne paraissez pas heureuses ; Vos lueurs, 1 dans l'infini noir, Ont des tendresses douloureuses ;

" Et je crois voir au firmament Un deuil blanc mené par des vierges Qui portent d'innombrables cierges Et se suivent languissamment.

1. Lubur. bas a meaning tnuch less itrong than lumière, Comp. wltta tmiri

t*9 1US POETES FRANÇAIS.

" Êtes-vous toujours en prière?

Êtes- vous des astres blessés ?

Car ce sont des pleurs de lumière, Non des rayons, que vous versez.

a Vous, les étoiles, les aïeules

Des créatures et des dieux,

Vous avez des pleurs dans les yeux . . . . "

Biles m'ont dit " Nous sommes seules. • • •

" Chacune de nous est très loin Des sœurs dont tu la crois voisine ; Sa clarté caressante et fine Dans sa patrie est sans témoin ;

" Et l'intime ardeur de ses flammes Expire aux 1 cieux indifférents. " Je leur ai dit : "Je vous comprends !

Car vous ressemblez à nos âmes :

" Ainsi que vous, chacune luit

Loin des soeurs qui semblent près d'elle»

Et la solitaire immortelle

Brûle en silence dans la nuit "

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