‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 259 sur 393 · LES DANAÏDES · texte numérisé non relu

LES DANAÏDES

Toutes, portant l'amphore, une main sur la hanche, Théano, Callidie, Araymone, Agavé,i Esclaves d'un labeur sans cesse inachevé, Courent du puits à l'urne où l'eau vaine 2 s'épanche.

Hélas ! le grès rugueux meurtrit l'épaule blanche,

Et le bras faible est las du fardeau soulevé :

" Monstre, que nous avons nuit et jour abreuvé,

O gouffre, que nous veut 3 ta soif 4 que rien n'étanche ? "

Elles tombent, le vide épouvante leurs cœurs ; Mais la plus jeune alors, moins triste que ses sœurs, Chante, et leur rend la force et la persévérance.

Tels sont l'œuvre et le sort de nos illusions :

Elles tombent toujours, et la jeune Espérance 6

Leur dit toujours : ' ' Mes sœurs, si nous recommencions! "

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