‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 270 sur 393 · LE POMMIER · texte numérisé non relu

LE POMMIER

Quand les récoltes sont rentrées Et que l'hiver est revenu, Des arbres, en files serrées, Se dénmlent sur le sol nu ;

Ils n'ont pas le port droit 1 des ormes, Ni des chênes les hauts cimiers ; 2 Ils sont trapus, noirs et difformes :

Pourtant qu'ils sont beaux mes pommiers !

Leurs rangs épais couvrent la plaine Et la vallée et les plateaux ; En droite ligne et d'une haleine Ils escaladent les coteaux ; Tout leur est bon, le pré, la lande; Mais s'il faut du sable aux palmiers, Il faut de la terre normande A la racine des pommiers !

Quand Mai sur leur tête arrondie

Pose une couronne de fleurs,

Les filles de la Normandie

N'ont pas de plus fraîches couleurs ;

Leurs floraisons roses et blanches

Sont la gloire de nos fermiers :

Heureux qui peut voir sous leurs branches

Crouler la neige des pommiers ! 3

Les matinales tourterelles Chantent dans leurs rameaux touffus, Et les geais y font des querelles Aux piverts logés dans leurs fûts ;*

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