LE PHARE
Pour un poète errant que l'avenir effare Et qui songe à finir ses jours dans un couvent, Pour un rêveur, quel rêve ! être gardien d'un phare, Vivre sur un écueil, dans l'écume et le vent.
Loin des villes de plâtre 2 où l'ennui me talonne, 8 Loger dans une tour de granit et de fer, Être comme un héros, l'hôte d'une colonne, Et la nuit, comme un astre, illuminer la mer.
1. Amours. is masculine In the slngnlar and féminine in the plural.
2. Villksdk platrk, note the dlsdainfulmeaningofthiiexprasslon.
3. Ou l'ennui mb TAi ONXE, lit. : where tediousness is on my heeli,
4çè tÊS POÈTES FRANÇAIS.
Au lieu des bois, des champs, des cités, des visage^, Dont Tâge et les saisons altèrent le tableau, 1 Contempler à loisir d'éternels paysages A jamais composés de ciel, de pierre et d'eau.
Tourner le dos au monde, et hors de ma poitrine Chasser tout ce qui fut ma haine ou mon amour ; N'avoir d'autre horizon que la houle marine!
N'avoir d'autre souci que la couleur du jour.
Prisonnier de l'abîme et des rochers qu'il cerne, Rêver, dormir, gardé par les flots verts ou noirs,
Et n'oublier jamais d'allumer ma lanterne
Mais voilà bien l'ennui , l'allumer tous les soirs !