LE PREMIER PRINTEMPS
A chaque avril qui vient je m'attriste et je dis : I^es printemps sont comptés et je peux voir encore, Le jeune renouveau 1 dont le sol se décore Me charmera vingt fois, qui sait ? peut-être dix.
Puis un autre 2 viendra, n'en doute point, mon âme ! Qui trouvera mes yeux fermés à son azur, I^e printemps le plus doux peut-être et le plus pur Qui jamais eût touché mes regards de sa flamme.
Oh ! ce premier printemps qui sourira si beau, Avant que ma pensée éteinte ait l'habitude / De l'ombre, du silence et de la solitude, Qu'il 3 sera difficile à passer au tombeau !