‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 295 sur 393 · APRÈS LA MORT DU PÈRE · texte numérisé non relu

APRÈS LA MORT DU PÈRE

Cette terre, ces champs, ces vignes, que mon père Remplissait tout le jour de son geste puissant Et qu'il entretenait dans leur beauté prospère, Sont vides,... et c'est moi qui gouverne à présent.

Les générations tour à tour se remplacent,

Dit le sage insensible avec tranquillité.

Ces froids raisonnements par où les pleurs s'effacent

Ne pénétreront pas dans mon cœur révolté 1

Oh non ! non ! D'aussi loin, père, qu'il me souvienne,* Dès le premier éveil de mes regards d'enfant, Cette terre fut vôtre, 6 père, et non pas mienne ! Elle n'est pas à moi, le respect le défend.

Elle est à vous encore, et mes yeux sont humides Lorsque pour commander ma voix s'élève ici ; Et lorsque je m'essaie à des ordres timides, J'interroge tout bas : Père, est-ce bien ainsi?

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P. DEtAlè. 32 i

C'est votre œuvre qui dure, et vous êtes le maître, Et si l'orgueil glaçait les sentiments que j'ai, Je craindrais de vous voir, 6 mon père, apparaître Sous l'ombre de vos bois comme un spectre affligé !

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