‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 296 sur 393 · MATINS D'HIVER · texte numérisé non relu

MATINS D'HIVER

Que j'aime 1 les matins d'hiver, et leurs soleils Qui trempent dans la brume au 2 vent froid balancée ! Avec leur gloire en pleurs et leur douceur blessée, Au destin des héros je les trouve pareils.

J'aime mieux ces ciels blancs que les étés vermeils, Car s'ils ont moins de flamme, ils ont plus de pensée; Et leur clairon plaintif* pour mon âme oppressée Sonne dans l'infini de tragiques réveils.

Alors des temps défunts j'entends les litanies ;

Et je vois se lever la foule des génies

Avec leur plaie au cœur, où paraît leur vertu.

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