Cinq millm ans il s'booula, Are thousand yeari eUpied
j. RiCÔBMN.
Murs, palais, temples, Dieux, tout avait disparu. Rien ! plus rien ! Le soleil allumait ses rubis Aux javelots mouillés et verts d'un gazon dru ; Et seul un vieux berger dans ses grossiers habits Se dressait sur la plaine en mangeant son pain bis. 1 Or je voulus savoir depuis quels temps très courts Dans ce pré tout nouveau Ton paissait des brebis. Le berger dit d'un air moqueur ; — Depuis toujours.
Cinq mille ans il s'écoula.
Je suis repassé par là.
La plaine était changée en un bois ténébreux. Les lianes pendaient sous des porches béants Comme un tas de serpents tordus noués entre eux : Et, tels que de grands mâts, sur ces noirs océans De feuilles, s'élançaient des troncs d'arbres géants. Et je dis au chasseur perdu dans ces flots verts :
— Depuis quand donc voit-on une forêt céans ?a
— Ces chênes sont plus vieux, fit-il, que l'univers.
' Cinq mille ans il s'écoula.
Je suis repassé par là. X
La mer, la vaste mer, sous son glauque linceul
Avait enseveli lianes et forêts.
Un bateau de pêcheur, tout petit et tout seul,
A la brise du soir balançait ses agrès.
Et je dis au pêcheur : — Est-ce que tu saurais
Depuis quand la marée a pris la terre ainsi ? —