I.AMARTINB
Dans la coupe écrasée le jus du pampre coule, Et le baume flétri sous le pied qui le foule Répand ses parfums sur vos pas.
Dieu d'un souffle brûlant avait formé mon âme ; Tout ce quelle approchait s'embrasait de sa flamme. Don fatal ! et je meurs pour avoir trop aimé ! Tout ce que j'ai touché s'est réduit en poussière : Ainsi le feu du ciel tombé sur la bruyère S'éteint quand tout est consumé.
Mais le temps? — Il n'est plus. — Mais la gloire ? —
Hé ! qu'importe Cet écho d'un vain son qu'un siècle à l'autre apporte, Ce nom, brillant jouet de la postérité !
Vous qui de l'avenir lui promettez l'empire, Ecoutez cet accord que va rendre ma lyre...
Les vents déjà l'ont emporté !
Ah ! donnez à la mort un espoir moins frivole, Hé quoi ! le souvenir de ce son qui s'envole Autour d'un vain tombeau retentirait toujours ? Ce souffle d'un mourant, quoi ! c'est là de la gloire? Mais vous qui promettez les temps à sa mémoire, Mortels, possédez-vous deux jours ?
J'en atteste les dieux! depuis que je respire, Mes lèvres n'ont jamais prononcé sans sourire Ce grand nom * inventé par le délire humain ;