Ck orakd icom, la gloire
44 tnS POETES FRANÇAIS.
Plus j'ai pressé ce mot, plus je l'ai trouvé vide, Et je l'ai rejeté, comme une écorce aride Que nos lèvres pressent en vain.
Dans le stérile espoir d'une glojre incertaine, I/homme livre en passant, au courant qui l'entraîne, Un nom de jour en jour dans sa course affaibli : De ce brillant débris le flot du temps se joue ; De siècle en siècle il flotte, il avance, il échoue Dans les abîmes de l'oubli.
Je jette un nom de plus à ces flots sans rivage : Au gré des vents, du ciel, qu'il* s'abîme ou surnage, En serai-je plus grand ? Pourquoi ? ce n'est qu'un nom. Le cygne qui s'envole aux voûtes éternelles,* Amis, s'informe-t-il si l'ombre de ses ailes Flotte encor sur un vil gazon ?
Mais pourquoi chantais-tu ? — Demande à Philomèle • Pourquoi, durant les nuits, sa douce voix se mêle Au doux bruit des ruisseaux sous l'ombrage roulant» Je chantais, mes amis, comme l'homme respire, Comme l'oiseau gémit, comme le vent soupire, Comme l'eau murmure en coulant.