‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 43 sur 393 · Qui MON ame, let my soûl · texte numérisé non relu

Qui MON ame, let my soûl

S. Lh lac. The poet hère refers to lake Bourgetin Savoy.

4. Elle, refers hère to a lady wlth whom Lamartine was very much in love and who i* designated by the name of El vire and sometlmes Julie. She died a year (1818) aller this poem was written.

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ; Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ; Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ; On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre Du rivage charmé frappèrent les échos ; Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère Laissa tomber ces mots :

"O temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,

Suspendez votre cours !

Laissez-nous savourer les rapides délices 1

Des plus beaux de nos jours !•

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent :

Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;

Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m'échappe et fuit :

Je dis à cette nuit : " Sois plus lente " ; et l'aurore

Va dissiper la nuit.

i, PÉmces- This word is masculine in the singular and féminine In the plural.

tAMARTlNB 49

'* Aimons donc, aimons donc I de l'heure fugitive,

Hâtons-nous, jouissons ! 1 1/ homme n'a point de port ; le temps n'a point de rive;

Il coule et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse, Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, S'envolent loin de nous de la même vitesse Que les jours de malheur ?

Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace? Quoi ! passés pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ! Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface, Ne nous les rendra plus ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes, Que faites- vous des jours que vous engloutissez ! Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravissez !

O lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir !

Qu'il soit 2 dans ton repos, qu'il soit dans tes orages, Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux, Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages Qui pendent sur tes eaux !

1, Jouissons, construe: hdtons-nous, jouissons de V heure fugitive.

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