‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 53 sur 393 · LE CIEL NATAL · texte numérisé non relu

LE CIEL NATAL

Il est doux de s'asseoir au foyer 3 de ses pères, A ce foyer jadis de vertus couronné, Et de dire, en montrant le siège abandonné :

Ici chantait ma sœur, là méditaient mes frères, Iyà ma mère allaitait son charmant nouveau-né ; Là le vieux serviteur nous contait l'aventure Des deux jumeaux perdus dans la forêt obscure ;

1. S'ILTIBNT Dl L'KSPKRAWCl «T DU OKMIPSEMK.TT, if it partakeS of hopOftnd (tOTTOW.

1. Lb CiKL fatal, le ciel de Bourgogne. J/cîcon.where Lamartine wu born, Uftitvattfd in le département de Saônè-et- Loire, In th« old province of Burgnndy. ft. Foyxb, lit heartb, la often used with U>e meaning of home.

ëa t£S PORTES FRANÇAIS.

Là le fils de la veuve emportait notre pain ;

Là, sur le seuil couvert de deux figuiers antiques,

A T heure où les brebis rentraient aux toits rustiques,

Le chien du mendiant venait lécher ma main ?

Notre âme en remontant à ses premières heures,

Ranime tour à tour ces fantômes chéris

Et s'attache aux débris de ces chères demeures

S'il en reste au moins un débris !

Ainsi quand nous cherchons en vain dans nos pensées D'un air qui nous charmait les traces effacées,

Si quelque souffle harmonieux Effleurant au hasard la harpe détendue, En tire seulement une note perdue,

Des larmes roulent dans nos yeux !

D'un seul son retrouvé l'air entier se réveille, Il rajeunit notre âme et remplit notre oreille

D'un souvenir mélodieux !

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