‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 91 sur 393 · ENFANTS · texte numérisé non relu

ENFANTS

Laissez. — Tous ces enfants sont bien là. — Qui vous dit

Que la bulle d'azur 1 que mon souffle agrandit

A leur souffle indiscret s'écroule ?

Qui vous dit que leurs voix, leurs pas, leurs jeux, leurs

[cris, Effarouchent la muse et chassent les péris ? a

Venez, enfants, venez en foule !

Venez autour de moi; riez, chantez, courez !

Votre œil me jettera quelques rayons dorés,

Votre voix charmera mes heures.

C'est la seule en ce monde, où rien ne nous sourit, Qui vienne du dehors sans troubler dans l'esprit

Le chœur des voix intérieures !

Fâcheux ! qui les vouliez écarter ! — Croyez-vous Que notre cœur n'est pas plus serein et plus doux

Au sortir de leurs jeunes rondes ?

Croyez- vous que j'ai peur quand je vois, au milieu De mes rêves rougis ou de sang ou de feu,

Passer toutes ces têtes blondes ?

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